Wallonie

Publié le 15-02-2017 | Vincent Royer

Smart Cities : état des lieux des communes belges

Les Smart Cities, des villes à la pointe de la technologie, font de plus en plus parler d’elles. À l’instar de nos téléphones, devenus des « smartphones », nos villes sont-elles en voie de devenir plus intelligentes ? L’équipe du Smart City Institute (l’institut académique de HEC Liège qui ambitionne de stimuler la recherche, la formation, l’innovation et l’entrepreneuriat dans le domaine de la « ville intelligente) a réalisé une étude scientifique parmi 589 communes belges. Cette étude sera présentée lors du salon des mandataires, le 16 février 2017, proposant un état des lieux des Smart Cities en Belgique.

 Selon  les communes interrogées, le développement d’un projet Smart City serait avant tout un défi technologique, mais aussi une opportunité, ainsi que l’avenir de nos villes.  Au total, 66% des communes se sentent concernées par la problématique. Ces chiffres varient en fonction du type de commune (34% en milieu rural, 77% en milieu urbain), et de la région (84% des communes flamandes, 88% des communes bruxelloises et 45% des communes wallonnes.)

Une définition partagée par les communes
Les Smart Cities semblent devoir s’axer sur les mêmes thématiques, peu importe la commune interrogée. Les 4 domaines prioritaires sont: le Smart Environnement (éclairage intelligent, efficience énergétique…), la Smart Gouvernance (administration 2.0, ouverture des données…), le Smart Living (logement, santé…) et la Smart Mobility (système de transport durable, informations en temps réel…) Toutes les communes sont d’accord pour que l’aspect humain, comme l’éducation ou  le capital social, soit privilégié par rapport aux perspectives technologiques et institutionnelles.

Selon les personnes interrogées, les autorités publiques locales sont les principales initiatrices des Smart Cities. La société civile ainsi que les secteurs privés et de la recherche interviennent aussi, mais dans une moindre mesure. Les résultats de l’enquête montrent aussi qu’au sein du secteur privé, ce sont les consultants qui sont vus comme les plus impliqués, à l’inverse des multinationales qui paraissent moins investies.

Une mise en place difficile
Malgré l’intérêt suscité par la perspective d’un avenir smart pour nos villes, il semble que les moyens mis en place soient insuffisants. 13% des communes ont un plan stratégique entièrement dédié à la thématique Smart City, alors que 14% l’intègrent dans leur stratégie globale. Au total, 17 communes belges ont engagé un chargé de projet Smart City, et 59% de ces chargés de projets travaillent au sein du département stratégique. Sans eux, la tâche revient à l’administration communale. Les communes interrogées citent trois grandes difficultés liées à un tel développement : les moyens financiers nécessaires, l’expertise requise et la mobilisation (et coordination) de l’ensemble des acteurs.

Cela ne décourage pas Nathalie Crutzen, professeur et directrice du Smart City Institute : « le phénomène Smart City n’est pas une tendance, mais bien une véritable lame de fond qui va fondamentalement changer la vie sur nos territoires. Ce baromètre a permis de prendre le “pouls” des dynamiques Smart Cities en Belgique. […] Sur base des résultats de cette étude, je ne peux qu’encourager les acteurs à se parler davantage et à se mobiliser pour, ensemble, créer les “territoires du futur” tout en laissant l’humain au centre des préoccupations.»


A propos de l'auteur



Les commentaires sont fermés

Retour au début ↑