Brabant wallon

Publié le 09-10-2017 | Stéphanie Heffinck

DRØMSTOR : de la forge… au conceptstore

Installée dans une ancienne forge, DrØmstor est une boutique qui en a conservé la chaleur grâce à l’accueil souriant de Mélanie Mertens. La sérigraphiste touche-à-tout prend en effet le temps de s’entretenir avec sa clientèle, ressentant chaque rencontre comme un enrichissement personnel.

Et, lorsque le carillon de la porte d’entrée se tait, elle en profite pour se ressourcer auprès des siens, dans sa maison qui jouxte l’espace de vente. « DrØmstor», qui signifie « rêve de grand », c’est celui d’une jeune femme pleine de peps qui décline élégamment la branchitude dans des objets au look élégant, « nature », fun et artisanal. 

Le projet et ses inspirations : « Je désirais m’épanouir dans un projet très personnel et celui d’un conceptstore me poursuivait. J’ai toujours adoré la déco. Dans mon enfance, je suivais ma mère sur les brocantes et elle m’a inoculé ce virus : j’ai fini par chiner, moi aussi, par accumuler et mixer des pièces. Mon compagnon qui a séjourné en Norvège m’a inspiré cette idée de touche nordique, avec sa sensibilité, ses graphismes épurés. Et les Scandinaves ramènent aussi des étoffes d’Inde, des matériaux du Maroc… Le résultat est un ensemble très « ethnique » que je m’efforce de reproduire dans mon espace. J’y intègre aussi des pièces de créateurs belges, souvent uniques, comme le linge de nuit Joseffa, confectionné au départ de chemises d’hommes en coton. Savez-vous qu’une seule d’entre celles-ci nécessite 100 litres d’eau ! La récupération entre dans une nécessité de consommation raisonnée ! »

La concrétisation : « On cherchait à acheter une maison avec une boutique et un atelier ; comme mes parents habitent Baisy-Thy, je revenais régulièrement dans cette région et c’est ainsi que j’ai déniché le lieu. Après 9 mois de rénovation, l’ensemble a pris forme  ! »

Le démarrage : « Au début, ce conceptstore à Villers-la-Ville perturbait un peu les gens qui ont dû apprivoiser le mot et ce qu’il véhicule. Une boutique un peu inclassable, ça bouscule. Mais ensuite, nous avons eu de bons retours et le bouche-à-oreille a fait le reste ».

La cible : « Essentiellement les personnes de 18 à 50, 55 ans. Même si j’ai un petit coin « enfants ». Des personnes de la région, mais pas uniquement : certains viennent de Bruxelles. C’est un but de sortie de découvrir mon projet atypique (rires) ». 

Entrepreneuse dans l’âme ? : « Je ne viens pas d’une famille d’indépendants et, à défaut d’une sécurité d’emploi, j’ai couru après mon rêve. Mes études m’ont formée à l’autonomie et ma philosophie est de ne pas attendre de se projeter dans son rêve quand, finalement, peu de choses nous retiennent. Autant réaliser le sien que celui d’un autre ! Et puis, certaines structures sont là pour nous aider à limiter la casse, comme les couveuses d’entreprises ! »

Jeune âge : un atout ? : « Je le verrais plutôt comme un inconvénient. J’ai l’impression que beaucoup d’idées reçues circulent et que certains pensent que j’appartiens à une jeunesse dorée qui a eu beaucoup d’avantages pour s’installer à son compte. Non, cela fut un vrai travail et ça l’est toujours. Tout n’était pas gagné d’avance ! »

Suffisamment de jeunes qui se lancent ? « En tous les cas, j’ai souvent des personnes qui viennent me voir avant ou après s’être lancées. Occupant des postes à responsabilité, installées dans une vie bien rangée, elles sentent à un moment très intensément qu’elles vont à contresens de ce qu’elles veulent faire ; elles me posent des questions sur la manière dont j’ai procédé, les erreurs commises, les dangers, etc ».

Ma devise : « Trouvons un juste équilibre entre la passion et un travail dont on puisse vivre… surtout que l’on sera amené à travailler de plus en plus longtemps. Pourquoi attendre et se dire, à 75 ans : mais qu’est-ce donc qui a pu m’empêcher de me lancer ? »

DROMSTØR – Chaussée de Namur, 102 à 1495 Villers-la-Ville – GSM : 0492/79.46.71


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