Lg-Verviers

Publié le 28-11-2017 | Céline Léonard

DOSSIER SERIAL ENTREPRENEURS – Lucas Beguin : l’instinct précoce

Être entrepreneur, c’est avant tout un état d’esprit. Le quart de siècle à peine franchi, Lucas Beguin est animé par ce feu sacré. Celui qui vous pousse à passer à l’action, à prendre votre destinée en mains pour donner corps à vos idées.
C’est à l’âge de 18 ans que ce jeune Liégeois se glisse pour la première fois dans la peau d’un entrepreneur en créant, aux côtés de son ancien maitre de stage, 300 % , une agence de relations publiques spécialisées dans les communications positives. L’expérience ne s’étend pas, mais lui apporte son lot d’enseignements.
Dans la foulée, il se lance dans un graduat en Marketing. « Un cursus que j’ai arrêté au bout d’un an, convaincu que le travail de terrain me correspondait davantage que les bancs de l’école. »
C’est ainsi qu’il rejoint les rangs de la Brasserie C. « Une société fraichement créée, pilotée par de jeunes dirigeants, qui m’a offert un bel aperçu de la vie entrepreneuriale. Parallèlement à mon travail au sein de la brasserie, histoire d’avoir une formation à faire valoir, j’ai entrepris une formation “Chef d’entreprise” en cours du soir à l’IFAPME. »
En 2013, non content de cet agenda bien rempli, Lucas Beguin prend le temps de co-créer le
Réseau des Jeunes Entrepreneurs (RJE), une ASBL soutenant les jeunes entrepreneurs dans l’élaboration de leurs projets professionnels.
2015 marque la fin de sa collaboration avec la Brasserie C. « Pendant 6 mois, j’ai multiplié sans grande conviction les entretiens d’embauche. Je peinais à me projeter en salarié. » Alors que l’heure est au doute, une discussion éclaire sa réflexion. « Je suis un natif de la culture Y. Un
bagage que deux entrepreneurs m’ont convaincu d’exploiter en aidant les entreprises à mieux communiquer avec les Digital Native Users. »
S’épanouissant depuis lors dans son rôle de consultant et formateur, Lucas Beguin n’en a pas perdu son appétence entrepreneuriale. En avril 2017, il s’est ainsi associé à Anthony Urbain pour créer Grill Island, une société proposant des barbecues flottants. « Concrètement , nous mettons
à disposition de nos clients des petits bateaux en forme de donuts. Au milieu de ceux-ci se trouve un barbecue autour duquel 8 personnes peuvent prendre place. Le concept a rencontré un joli succès cet été au Lac de Robertville. D’autres points d’eau, en Belgique et en France sont
d’ores et déjà intéressés. » C’est tout ? Non ! En septembre, aux côtés de Sébastien Piette, il a fondé InYourBrand , une société spécialisée dans le social branding qui maitrise les nouveaux outils dans le but d’optimiser l’image des entreprises en ligne. « Les débuts sont prometteurs, nous avons déjà recruté deux collaborateurs. »
Notons, enfin, que Lucas Beguin est le co-initiateur de Liege is Awesome, un projet visant à promouvoir la cité ardente en réalisant, chaque semaine, une vidéo sur un Liégeois qui fait bouger les choses.

Appartenez-vous à une famille d’entrepreneurs ?
« Pas le moins du monde. Mon père était représentant commercial tandis que ma mère officie en tant que sage-femme. »

Quel a été le déclic ?
« Je n’identifie pas un moment en particulier. J’ai le sentiment qu’en avançant, j’ai obtenu une confirmation grandissante de ce pour quoi j’étais fait. »

Qu’est-ce qui vous pousse aujourd’hui à multiplier les projets ?
« C’est tout d’abord une question d’envie. Au travers de ma casquette de consultant et d’InYourBrand, j’explore beaucoup la sphère des réseaux sociaux et des nouveaux outils numériques. C’est un domaine qui me passionne, mais je deviendrais fou si je ne faisais que ça. C’est, ensuite, une question d’opportunité. Grill Island et InYourBrand sont des concepts que l’on m’a présentés et sur lesquels j’ai directement décidé d’embrayer. »

Avez-vous dû franchir des barrières limitantes avant de vous lancer ?
« Pas particulièrement. En revanche, j’osais à peine en parler à ma mère. L’entrepreneuriat était un monde inconnu. Le fait que je me concentre sur les réseaux sociaux – un domaine qu’elle ne connaissait pas – l’inquiétait plus encore. Quand elle me voyait sur mon ordinateur, elle pensait que je ne faisais rien de mes journées (rires). »

Qu’avez-vous appris de votre première expérience ?
« Lorsque j’ai créé 300 %, j’ai réalisé diverses prestations gratuitement dans le but de me faire connaître. J’avais du mal à mettre un prix sur mon travail. Aujourd’hui, cette appréhension a disparu. »

Qu’est-ce qui vous semble important pour marcher vers le succès ?
« En toutes circonstances, il faut se montrer fiable. Quand on dit quelque chose, on le fait. Il faut également bien s’entourer et se constituer rapidement un réseau. C’est cette nécessité du réseautage qui m’avait incité à créer le Réseau des Jeunes Entrepreneurs. »

Avez-vous un mentor ?
« Je suis très admiratif de Gary Vaynerchuk, un serial entrepreneur américain. La manière dont il mixe entrepreneuriat et réseaux sociaux me conforte dans les choix que je pose. »

Songez-vous encore à lancer une nouvelle activité ?
« J’ai encore des projets plein la tête. D’ici mes 30 ans, j’aimerais, par exemple, écrire un livre sur le comportement des nouvelles générations ou lancer des formations en ligne pour expliquer comment bien networker. L’idéal serait d’avoir plusieurs sociétés qui tournent pour me permettre d’être un entrepreneur libre. »

Entreprendre, et, de surcroît, à répétition, c’est…
« Dans mon cas, c’est avant tout un moteur. C’est aussi une (petite) folie. C’est ensuite une question d’opportunité, une affaire de maturité puis une attitude à encourager chez les autres. Je ne pense pas, en revanche, qu’entreprendre, soit à la portée de tous. »
Grill Island : www.grill-island.com I InYourBrand : www.inyourbrand.com I Réseau des Jeunes Entrepreners :  www.rje-belgium.be


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