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Publié le 28-11-2017 | Céline Léonard

DOSSIER SERIAL ENTREPRENEURS – Philippe Stassen : king of belgian drinks

Depuis 1895, la famille Stassen cultive l’art de l’entrepreneuriat. Digne héritier de cette lignée, Philippe Stassen ne s’est jamais contenté d’être le “fils de”. Talent commercial, audace et flair des affaires lui ont ainsi permis de tracer sa propre voie.
Presque logiquement, sa carrière débute au sein de la cidrerie familiale, en 1982. Jouant la carte de l’innovation, la firme multiplie alors les succès sur le marché cidricole. Une croissance qui éveille l’intérêt du groupe anglais HP Bulmers, leader mondial dans la production de cidre. Une offre atterrit sur la table de la cidrerie. Philippe Stassen est partie prenante pour mener les négociations. Celles-ci aboutiront au rachat de la société aubeloise, en 1992.
En 2008, mouvement inverse : Philippe Stassen acquiert, en son nom propre, la cidrerie… avant de la revendre à Heineken, en 2012. Une épopée à rebondissements qui connaitra son dernier acte, en 2014, lorsque Philippe Stassen rachètera les marques “non-cidres” de l’entreprise (Kidibul, Vintense et Vivaro) au groupe néerlandais. « Le développement de ces marques ne constituait plus une priorité pour Heineken. Dans ce contexte, le groupe s’est naturellement tourné vers moi dans la perspective d’une cession de ces produits développés à Aubel, sous ma direction. »
Pour abriter cette nouvelle activité, notre entrepreneur s’entoure d’anciens collaborateurs de la cidrerie et crée Neobulles. « Notre objectif était de renforcer la présence de ces 3 marques sur le BeNeFraLux tout en les proposant à de nouveaux marchés. Un but que nous avons rapidement atteint en signant, notamment, des contrats aux États-Unis, au Canada et au Danemark. »
En 2015, en vue d’étoffer sa palette de produits, Neobulles fait l’acquisition d’IMD, un autre acteur du secteur de la distribution de boissons. Depuis lors, non contente de cette acquisition, la PME joue régulièrement la carte de l’innovation pour enrichir sa gamme. Au mois de septembre, elle lançait en collaboration avec la siroperie Meurens, un jus de pomme innovant et 100 % naturel. Cet automne, en association avec Jean Galler, elle proposera une nouvelle boisson chocolatée.
Si le secteur des boissons est son terrain de prédilection, Philippe Stassen n’a pas hésité à explorer d’autres contrées au cours des dernières années. En 2013, il a ainsi créé l’agence Vitamines Events & Communication aux côtés de 3 entrepreneurs liégeois : François Fornieri,
Frédéric Leidgens et Lucien D’Onofrio. Une société qu’il a reprise à son compte en 2017. Philippe Stassen a également endossé une casquette d’investisseur en devenant actionnaire d’un magasin d’alimentation (Bruxelles), de la société Simonis (Fexhe-le-Haut-Clocher) et d’un site immobilier
(Thimister-Clermont).

Après le rachat de la cidrerie par Heineken, vous auriez pu lever le pied. Qu’est-ce qui vous a motivé à multiplier les initiatives entrepreneuriales ?
« Mon moteur n’est ni l’argent, ni la volonté de céder un jour un “empire” à mes enfants. Je suis juste guidé par l’envie d’entreprendre. À chaque fois que je lance un projet, je me dis « Philippe, cette fois, c’est le dernier. » Pas plus tard que début octobre, j’ai réalisé un investissement conséquent qui va assurément apporter un nouvel élan à Neobulles. Dans mon esprit, cette prise de risques était la dernière. Mais quelques jours plus tard, une nouvelle opportunité est venue frapper à ma porte… (rires). Je n’avance pas avec un plan précis en tête. Chaque activité qui voit le jour est la nouvelle pièce d’un puzzle pour lequel je ne dispose pas encore d’une vue d’ensemble. »

De par votre famille, l’entrepreneuriat est venu à vous. Diriez-vous que vous êtes véritablement devenu entrepreneur avec le temps ?
« Assurément. L’expérience acquise et le réseau que je me suis constitué ont forgé mon tempérament d’entrepreneur. Aujourd’hui, je regrette de ne pas avoir 10 ans de moins. J’ai tellement de projets en tête pour Neobulles que je crains parfois de ne pas pouvoir assister à leur concrétisation. »

Quels sont, selon vous, les éléments pour marcher vers le succès ?
« Tout d’abord, construire une équipe solide autour de soi et l’impliquer dans le devenir de la société en partageant, par exemple, les profits avec elle. Il faut ensuite rester soi-même, en toutes circonstances et quelles que soient les personnes que l’on rencontre. Une bonne communication est un autre facteur important. Outre la notoriété qu’il vous apporte, un article de presse peut asseoir votre crédibilité. Il faut enfin créer des moments de convivialité avec les clients et partenaires de l’entreprise. »

Il y a-t-il un entrepreneur qui vous inspire ?
« François Fornieri m’impressionne. Il est entré dans le monde médical par la petite porte. Le succès que rencontre aujourd’hui Mithra ne l’a pas changé. Il est resté le même. J’admire par ailleurs son côté infatigable. Henri Detry et Clément Meurens affichent également des parcours
remarquables. Ils sont désormais retraités, mais le patrimoine qu’ils ont créé sur le Plateau de Herve est toujours bien actif. »

Entreprendre, et de surcroit à répétition, c’est...
« Avant tout, un moteur. Je crois qu’il s’agit ensuite d’une attitude à encourager chez les autres. C’est, enfin, une affaire de maturité et une question d’opportunité. »
Neobulles : Rue de l’Aéroport, 36 à 4460 Grâce-Hollogne Tél. : 04/235.81.40 – www.neobulles.com


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