Brabant wallon

Publié le 17-05-2018 | Stéphanie Heffinck

JUSTINE HENIN (Club Justine Henin) : balle de break

  • A la barre, une N1 décontractée
  • Un club qui ne vit pas en vase clos –
  • Une offre diversifiée, pour les affiliés et non membres du club…

Elle lance son idée en une phrase. Quelques mots aussi efficaces que les balles qu’elle plaçait avec une précision imparable sur les courts. « Garder pour soi ce que l’on a appris, cela n’a guère d’intérêt » lâche Justine Henin qui a délaissé sa jupe de tennis pour une tenue casual de chef d’entreprise. Et le costume lui sied bien. Ce petit gabarit de championne qui a stupéfié toute une nation debout derrière elle observe que sa reconversion professionnelle présente quelques similitudes avec son passé tennistique. Elle cite le dépassement de soi, la discipline, la vie en groupe, la résilience. « Mon quotidien aujourd’hui est de déterminer des objectifs et de me donner les moyens d’y arriver, ainsi que je l’ai fait aussi dans ma première carrière », note la jeune femme. A 35 ans, notre numéro 1 continue à assumer ses choix et à apprendre, en prenant quelques coups. « Le gros choc, quand même, cela a été l’inversion de la vapeur avoue-t-elle. Avant, j’étais au centre du projet, avec une équipe qui gravitait autour de moi, pour me pousser toujours plus loin dans ma motivation. Aujourd’hui, c’est à moi de motiver les troupes. Je n’avais pas été formée à la gestion financière, à l’approche des ressources humaines. J’ai donc relevé le défi quitte à procéder à quelques ajustements ». Justine concède qu’elle doit encore travailler sur son extrême sensibilité afin de se sentir mieux armée pour prendre des décisions parfois radicales. Après avoir vécu à « 300% » (sic) pour un métier, difficile de refreiner les chevaux et de comprendre que les autres n’ont pas la même puissance sous le capot. Mais la mère de famille nous apparaît malgré tout apaisée et emplie de projets. Elle est arrivée, nous dit-elle, au stade où elle va prendre le temps de se poser de vraies questions sur ses envies de construire et de vivre. Avec toujours, autant de passion et, comme ligne de conduite, la transmission.

COUP DE GENIE

« Cela a été l’intention dès le départ, et pas seulement motivée par le fait que les clubs souffrent beaucoup aujourd’hui : nous avons toujours envisagé la voie de la diversification de l’offre. L’idée d’une Académie de haut niveau dans un club me séduisait, de même que la perspective d’y intégrer le monde de l’entreprise. L’Académie compte 600 inscrits, depuis des petits bouts de 3 ans jusqu’aux seniors. Au sein de celle-ci, la « Pro Team » rassemble des jeunes du monde entier qui viennent s’y préparer à des compétitions de haut niveau. Bien entendu, tous ne deviendront pas des joueurs de tennis professionnels, mais, quoiqu’ils fassent, ils auront appris la rigueur dans un sport qui dégage de belles valeurs. Ils auront gagné en enrichissement sur le plan du développement personnel. Enfin, nous avons aussi ici un restaurant, le « Club House », et des salles de séminaires : des activités dont nous avons délégué la gestion à 3 Square. 

Le Club House est ouvert tous les midis en semaine, ainsi que 2 soirs, le mercredi et le vendredi et est accessible à tous, membres et non membres. Il y a 3 ans, les lieux ont été complètement rénovés. Ici, c’est un endroit de retrouvailles en famille ou avec ses clients, à moins que cela ne soit pour une pause déjeuner lors de séminaires. Les 5 salles équipées accueillent de 12 à 200 personnes. Bien entendu, elles ont été baptisées du nom des tournois de tennis du grand Chelem !

Depuis 3 ans, j’ai voulu apporter encore une nouvelle dynamique, tant pour les membres que les personnes extérieures, avec les apéros concerts que nous organisons tous les 2 mois, le vendredi. Mon mari et moi choisissons les groupes qui se produisent pendant 2 petites heures et se font ainsi mieux connaître. Régulièrement, nous convions aussi des artistes plus connus, comme BJ Scott ou Typh Barrow. Nous voulons ouvrir notre structure à des activités qui n’ont aucun rapport avec le tennis, y rassembler en toute convivialité sphères professionnelles et privées.

COUP DE COEUR

« Aujourd’hui, mon association Justine For Kids fête ses 10 ans. Je n’ai pas voulu mettre un nom sur celle-ci, – et donc, pas de « Henin » – mais véritablement mon âme. J’ai toujours recherché du sens à ce que je faisais. Certes, gagner des matches était important pour moi ; néanmoins, ce n’était pas là l’essentiel. Par contre, l’émotion suscitée par le sport, qui fédère tout un pays derrière un champion, cela recouvre un sens incroyable. Personnellement, aider, à travers Justine For Kids, les enfants malades ou handicapés me permet aussi de donner du sens à mes actions. J’ai perdu ma maman à 12 ans. Quand un membre de la famille tombe malade, c’est toute une famille qui est chamboulée. Je l’ai vécu. Donc, aujourd’hui, avec mon association qui s’appuie sur 2 salariés et un ensemble de bénévoles, nous travaillons sur un beau projet : celui d’une maison de répit à Erpent. Les enfants porteurs de handicap ou qui sortent d’hospitalisation ainsi que leur famille y trouveront un lieu pour souffler, se ressourcer. Proche de la nature et non loin d’un centre pédiatrique, la maison bénéficie d’infrastructures adaptées et d’une cellule d’accompagnement pour 3 familles, jusqu’à 8 personnes. Ici, papa et maman n’auront pas à se soucier des lessives ou des repas. Ils passeront tout simplement du bon temps avec leurs enfants. Des activités seront d’ailleurs prévues spécialement pour la fratrie… A côté de ce grand projet mobilisateur, l’association organise aussi des journées récréatives et sportives et des voyages thérapeutiques »…

 

COUP DE GUEULE

« J’ai quelques difficultés avec les gens qui ne sont pas passionnés, qui ne s’investissent pas suffisamment, qui ne se rendent pas compte qu’il faut beaucoup donner, en arrivant dans un nouveau job, pour asseoir une crédibilité qui va se construire chaque jour. Aujourd’hui, on veut tout, tout de suite, un équilibre idéal directement, entre vie professionnelle, familiale, les loisirs, etc. Cette recherche d’équilibre est, certes, bénéfique, mais entraine un manque de réalisme. Tous doivent se sentir responsables car chacun fait le succès de son entreprise. Dans ma société, je ne peux fonctionner sans les autres, ni sans nos clients non plus, évidemment… »

 

DU TAC AU TAC

CCI mag’ : La qualité que vous préférez chez un homme » ?

J.H : « La générosité » !

CCI mag’ : « La qualité que vous préférez chez une femme ? »

JH : « La générosité aussi. J’ai d’ailleurs la chance d’être entourée de gens généreux… ».

CCI mag’ : « Et votre principale qualité » ?

JH : « C’est plutôt à mon entourage qu’il faudrait poser la question… mais je pense être quelqu’un de loyal, d’authentique ».

 CCI mag : « Votre principal défaut » ?

JH : « L’impatience ! J’ai toujours été quelqu’un d’impatient. Ca peut parfois être une qualité, mais il est néanmoins souvent important d’inscrire les choses dans le temps… »

CCI mag’ : Votre rêve de bonheur ?

JH : « Voyager avec ma famille, prendre plaisir à planifier ces évasions et à faire découvrir d’autres pays à mes enfants… »

CCI mag’ : « Ce que vous voudriez être » ?

JH : « Qui je suis aujourd’hui, en meilleur et plus expérimenté… »

CCI mag’ : « Le pays où vous aimeriez vivre » ?

JH : « L’Australie ! C’est un pays où je me sens bien… même si c’est un peu loin pour s’expatrier quand on aime ses racines. Mais qui sait, un jour peut-être… »

CCI mag’ : « Votre héros dans la vie réelle » ?

JH : « Le terme de « héros » est peut-être un peu fort, mais je suis reconnaissante à mon 2è frère qui a eu énormément de patience avec la petite fille que j’étais, de 7ans de moins que lui. J’ai eu beaucoup de chance d’avoir 2 frères qui ont passé du temps avec moi… »

CCI mag : « Votre domaine culturel préféré »?

JH : « La musique et le cinéma qui me touchent énormément ».

CCI mag : « Le don de la nature que vous aimeriez avoir » ?

JH : « Celui de pouvoir rayonner sur mon entourage ! J’adore sentir la chaleur du soleil sur mon visage et je voudrais être un soleil qui brille pour les autres (sourire) » !

CCI mag : « La faute qui vous inspire le plus d’indulgence » ?

JH : « C’est difficile, cette question ! On peut passer à la suivante ? Même si je suis exigeante, je pardonne volontiers la maladresse à partir du moment où je sens qu’elle n’est pas l’expression d’une méchanceté, que le « fond » est bon » !

CCI mag : « Votre devise » ?

JH : « La vie est une aventure audacieuse ou elle n’est rien ! C’est une citation que j’ai empruntée à Helen Keller ».

 

copyright photos :M. R. – Reporters

CLUB JUSTINE HENIN – Avenue Léon Fournet, 20 à 1342 Limelette – Tél : 010/41.09.00 – www.clubjustinehenin.be / 3 SQUARE : Michel@3square.be – 0479/99.43.00


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