Lg-Verviers

Publié le 18-12-2018 | Frédéric Van Vlodorp

Thomas Mémurlin (Huggy’s Bar)

: UN ENTREPRENEUR GOURMAND


Le concept de « Burgers restaurant » imaginé avec son condisciple de HEC-ULiège a rencontré d’emblée le succès, avec bientôt 10 établissements. Thomas Mémurlin a concocté une recette gagnante grâce à une solide organisation, le sens de l’innovation et une énorme confiance en lui.

Trente-et-un ans, et déjà plus de 200 employés ! Thomas Mémurlin est incontestablement un entrepreneur précoce, tout comme son alter ego Roberto Navarro avec qui il a fondé en 2012 l’entreprise Huggy’s Bar.
Tout petit, il rêvait déjà d’être un homme d’affaires. C’est tout naturellement qu’il s’est orienté vers des études de gestion à HEC-ULiège avec toujours la même envie : devenir entrepreneur. « La majorité des étudiants étaient centrés sur les études et sur la fête » se souvient-il. « Moi aussi, mais avec Roberto, nous avions une 3e préoccupation : réfléchir à créer une activité par nous-mêmes, à notre façon. »
Les deux hommes vont toutefois s’offrir un break à la sortie de leurs études. « Nous avions envie de réaliser un beau voyage avant de plonger dans la vie professionnelle. » Direction New York et Las Vegas ! Intéressés par l’horeca dans lequel ils travaillaient comme étudiants, Thomas Mémurlin et Roberto portent une attention particulière sur l’offre américaine. « Nous en avons pris plein les yeux et nous avons appris énormément sur beaucoup d’aspects (burgers restaurant, sports bar, service clients,…). »
Le déclic est là ! Nos jeunes entrepreneurs approfondissent la question tout en débutant un travail de consultance, le premier à Luxembourg et le second à ChicagoC’est d’ailleurs en activité complémentaire qu’ils ouvrent leur premier restaurant à Liège. The Huggy’s Bar est né. « Le succès est instantané ! C’est grisant mais aussi énergivore et chronophage. »
Le défi est de taille : « comment transformer un restaurant local en un projet de vie ». L’objectif est de peaufiner le concept et de le rendre reproductible, mais aussi que le nom devienne une marque. Pendant 2 ans, les deux amis mais aussi l’épouse de Thomas – Virginie, qui a rejoint l’équipe – s’y attèlent, menant un travail de fond. Etonnamment, ils ne recourent à aucune des multiples structures d’accompagnement publiques et privées. « Nous avons un caractère foncièrement indépendant et nous sommes débrouillards et autonomes » explique Thomas Mémurlin. « De plus, le fait d’être deux nous challengeait l’un l’autre et rendait moins nécessaire le besoin de validation extérieure. »
Il est vrai aussi qu’ils avaient déjà un peu d’expérience dans la restauration et surtout 3 années de consultance, où ils ont appris la rigueur et développé l’esprit d’analyse.

La question du financement s’est évidemment posée… Jeunes, secteur de l’horeca, peu ou pas de fonds propres : il y a plus percutant pour séduire les banques ! « Nous avons rencontré un entrepreneur plus âgé qui a apporté du capital et son savoir-faire. Avec un peu de fonds propres, nous avons obtenu la confiance et un crédit d’une banque. »
Plus tard, pour augmenter le capital, Thomas Mémurlin a obtenu un soutien de Meusinvest au 2eessai. Le fonds privé « Invest for Jobs » qui, lui, peut intervenir à l’échelle de la Wallonie et Bruxelles, complète le banc des partenaires financiers.

Il le reconnaît volontiers : représenter une marque visible dotée d’un capital sympathie et d’un nombre élevé de clients facilite les contacts. Mais pour réaliser un développement rapide, il ne suffit pas d’avoir un bon concept, ce burger gourmet de qualité réalisé avec des produits locaux dans un budget acceptable. C’est avant tout beaucoup de travail et une très grande organisation. « Croire qu’il faut une idée géniale pour devenir entrepreneur est un peu un mythe. On peut réussir si on fait bien les choses. En matière de burgers, il y avait déjà une large offre. Or, en 6 ans, nous sommes passés de 1 à 9 restaurants en Belgique francophone, employant plus de 200 personnes. Nous avons réussi à structurer cette croissance rapide. »

Au quartier général de l’entreprise à Awans, une équipe de 11 personnes veille au grain pour garantir la même expérience clients dans chacun des établissements. Avec à sa tête le triumvirat de tout juste trentenaires, aux profils différents et complémentaires…
« J’ai aussi découvert que nos tâches avaient évolué » souligne le jeune CEO. « J’ai été obligé de me distancer de certaines parties de mon métier ; pour grandir si vite, il faut savoir déléguer et faire confiance. Une large partie de mon boulot, c’est la transmission de l’énergie pour que chacun remplisse son rôle sur base de notre vision d’entreprise. »
Et l’avenir ? « Nous ouvrirons deux restaurants par an dans les 3-4 prochaines années en Wallonie et à Bruxelles. L’extension géographique par cercles concentriques serait ensuite logique, mais en aura-t-on envie ? On verra bien ! »

THE HUGGY’S BAR, C’EST :

  • Une chaine de restaurant liégeoise spécialisée dans les Burgers gourmets
  • Plus de 200 employés directs
  • Un chiffre d’affaires de 12 millions d’euros
  • 9 restaurants entre Liège, Bruxelles et Charleroi

DU TAC AU TAC

  • Vos principales qualités ?
    « Je suis un bon leader qui peut être inspirant. Je suis aussi très rigoureux, organisé (parfois trop !), très concret. Il ne faut pas perdre de temps en réunion et il importe que les choses avancent ! »
  • Votre plus gros défaut ?
    « J’ai une très bonne vision de ce que je souhaite et j’ai énormément confiance en moi, au point de prendre parfois trop de place et d’écraser d’autres opinions. Pourtant, j’encourage le personnel à donner son avis mais je sais que ce n’est pas toujours facile. »
  • Si c’était à refaire
    « Je ne changerais rien. Je vis une aventure exceptionnelle au cours de laquelle nous avons beaucoup appris, évolué, et éprouvé du plaisir. Tout n’a pas été parfait ; nous avons commis des erreurs mais nous en avons tiré les enseignements et nous sommes exactement là où nous voulions être, donc rien à changer ! »

COUP DE GUEULE
Il n’est pas normal que notre rentabilité, induite par le schéma légal et fiscal belge, ne soit pas plus élevée et, à la limite, qu’elle ne soit pas encore atteinte dans certains restaurants. C’est une injustice car nous travaillons dur, nous avons le bon concept qui rencontre beaucoup de succès, nous respectons les lois à 100 %. Certaines décisions vont dans le bon sens, comme les flexi-jobs. Par contre, les mesures compensatoires qui devaient suivre l’apparition de la boite noire se font trop attendre.

COUP DE COEUR
Nos équipes dans les restaurants ! Non seulement ils travaillent beaucoup, mais en plus, ils ont la capacité de transmettre aux clients l’expérience Huggy’s Bar que nous avons imaginée.

COUP DE GENIE
Le développement de Deliveroo, devenu un partenaire. Nous avons été invités au siège à Londres (400 personnes dans des bureaux hyper tendances) pour découvrir leur vision et leur organisation. Ils ne sont pas dans un simple rapport fournisseur-client.

BIO EXPRESS

  • Né le 6 février 1987 à Liège
  • 2011 : obtient son diplômé à HEC-ULiège en 2011.
  • 2011-2014: travaille comme consultant à Accenture Luxembourg.
  • 2012 : ouvre avec Roberto Navarro un premier restaurant sous la bannière Huggy’s Bar
  • 2018 : poursuit la spectaculaire croissance de l’entreprise avec son épouse et son associé de départ
  • Marié, père d’un enfant
  • Passionné de voyages

Huggy’s Bar : Rue de Bruxelles, 10/15 à 4342 Awans –  www.huggysbar.com

©ICONOCLASH/OANNA/P.MORIAME


A propos de l'auteur



Les commentaires sont fermés

Retour au début ↑