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Publié le 02-04-2014 | CP.

Un nombre limité de travailleurs a changé de travail en 2013

En 2013, la tendance à la baisse du nombre de démissions s’est confirmée. En revanche, la rotation involontaire (essentiellement constituée par les licenciements) s’accroît lentement mais sûrement, d’année en année, depuis 2011. C’est ce qui ressort d’une étude de Securex qui analyse chaque année la rotation du personnel dans le secteur privé belge sur la base des données de son secrétariat social. Une étude précédente montre également que rares sont les travailleurs qui ont l’intention de quitter leur employeur dans un avenir proche. Toutefois, l’heure n’est pas à l’euphorie. L’évolution du stress excessif et l’absentéisme de longue durée constituent des menaces pour les travailleurs et les employeurs.

 

Les travailleurs belges n’ont pas pris de risque en 2013…

 

En 2013, le secteur privé belge a connu une nouvelle baisse de la rotation volontaire du personnel. En 2011, 8,82 % des travailleurs avaient quitté leur entreprise sur une base volontaire. En 2012, ce pourcentage était de 7,39 %, contre seulement 7,01 % en 2013.

 

Emely Theerlynck, HR Research Expert chez Securex : « En 2013, le marché du travail est passé au rouge en termes de sécurité et de stabilité. Les travailleurs ont pris moins de risques, essentiellement à cause des messages négatifs dans les médias, et sont restés encore plus fidèles à leur poste que les années précédentes. »

 

…et n’envisagent pas d’alternatives directes dans un avenir proche

 

Seuls 13 % des travailleurs très qualifiés et 9 % des travailleurs peu qualifiés disent avoir l’intention de changer d’employeur à court terme. 60 % des personnes très qualifiées et 80 % des personnes peu qualifiées n’ont pas l’intention de quitter leur entreprise. Ils estiment que leurs chances de trouver rapidement un emploi équivalent ne sont pas très élevées. 40 % des travailleurs très qualifiés et peu qualifiés sont convaincus de pouvoir trouver un emploi équivalent en interne. En ce qui concerne la recherche d’un emploi équivalent en dehors de l’entreprise, les travailleurs très qualifiés évaluent leurs chances de manière plus positive que les travailleurs peu qualifiés (59 % contre 41 %). Toutefois, 1 personne très qualifiée sur 3 et 2 personnes peu qualifiées sur 3 ne sont pas assez convaincues de leurs chances sur le marché du travail actuel.

 

Emely Theerlynck, HR Research Expert chez Securex : « Le taux d’intention de départ est loin d’être spectaculaire au terme de l’année 2013. Les travailleurs n’envisagent pas d’alternatives directes pour l’avenir. Pourtant, dans le cadre du recul de l’âge de la pension et de la disponibilité à long terme, il est important que les travailleurs osent voir plus loin que leur fonction et leur entreprise actuelles, surtout pour les personnes peu qualifiées. »

 

Les jeunes rencontrent toujours des difficultés sur le marché du travail

 

Globalement parlant, la rotation involontaire a légèrement augmenté. Comparativement à 2012, on constate une augmentation, avec un pourcentage de 11,49 % en 2012 qui est passé à 12,25 % en 2013. L’année dernière, les travailleurs les plus jeunes ont été moins vite licenciés qu’en 2012 (20,17 % contre 22,37 %). Malgré la diminution pour ce groupe, le nombre de licenciements des jeunes reste élevé, bien plus que dans toutes les autres catégories d’âge. Raison de plus pour ne pas se reposer sur ses lauriers.

 

Dans la même lignée, la rotation involontaire des travailleurs ayant moins d’un an d’ancienneté a également diminué. En moyenne, 22,41 % des travailleurs ont perdu leur emploi dans l’année en 2013, contre 24,35 % en 2012. Pour ce sous-groupe également, le risque de rotation involontaire est encore beaucoup plus élevé que pour les travailleurs ayant plus d’ancienneté.

 

De même, les ouvriers ont été plus souvent licenciés en 2013 qu’en 2012, avec respectivement 13,7 % et 12,44 %. Cette augmentation s’explique notamment par le recul de l’emploi dans le secteur industriel, qui subit également de plein fouet les conséquences de la crise[1].

 

Le nombre de licenciements à Bruxelles (de 16,30 % en 2012 à 15,80 % en 2013) et en Wallonie (de 14,96 % à 14,04 %) a diminué, alors que la rotation involontaire a augmenté en Flandre, en passant de 9,69 % à 10,59 % en 2013. Ici encore, c’est la crise qui est pointée du doigt. En Flandre, deux tiers des travailleurs travaillent dans des activités influencées par la conjoncture, contre seulement 57 % à Bruxelles et en Wallonie[2].

 

La rotation involontaire la plus importante est encore observée dans les petites entreprises (14,85 %), même si elle est en baisse depuis 2012 (15,71 %). On constate une nouvelle augmentation dans les plus grandes entreprises par rapport à 2012 : la rotation involontaire s’élevait à 10,53 % en 2013, contre 7,78 % l’année précédente.

 

L’excès de stress et l’absentéisme de longue durée caractérisent de plus en plus la population active

 

Ces dernières années, le niveau de stress est en hausse permanente. En 2013, 1 personne sur 4 (27 %) s’est plainte de troubles liés à l’abus de stress (maux de tête, palpitations, insomnie,…). De plus, l’absentéisme de longue durée (plus de 12 mois) a atteint des sommets, avec 2,27 % en 2013. D’après une étude[3] antérieure, les travailleurs considèrent que le stress constitue la principale menace pour leur carrière.

 

Emely Theerlynck, HR Research Expert chez Securex : « Ce n’est pas parce que la rotation volontaire et l’intention de départ sont en baisse que les employeurs doivent pousser un soupir de soulagement. Certes, les travailleurs quittent peut-être moins vite leur entreprise, mais sont-ils aussi productifs, en bonne santé et heureux au travail ? Nous pensons que cette augmentation de la pression associée au fait qu’ils devront travailler plus longtemps et ne trouvent pas d’issue dans un autre job, implique que les travailleurs subissent un excès de stress et sont donc plus souvent et plus longtemps absents pour maladie. » 



[1]Dans l’analyse de dynaM “Marché du travail : toujours en mouvement, toujours transparent” (dynam-belgium.org), il est question d’une diminution de l’emploi net dans l’industrie de 2,7 % en 2013.

[2]Chiffres issus du rapport BNB de 2013.

[3]Plus d’infos dans notre white paper “Quel est le degré d’employabilité du travailleur belge ?”, à télécharger gratuitement sur www.securex.be/whitepaper.  

 


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Publication par communiqué de presse.



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