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Publié le 06-06-2014 | CP.

43% des belges n’accordent pas de seconde chance à un entrepreneur failli

Clash de mentalités et de perceptions

En Belgique, il semble particulièrement difficile pour un entrepreneur ayant fait faillite de se ‘racheter’.  C’est ce qui ressort de l’enquête nationale menée par Auctelia (1). Ainsi, près de la moitié des interviewés (43%) ne seraient pas prêts à faire confiance à un failli et à lui accorder une seconde chance. À cette question, il est intéressant de noter que 85% des indépendants ont, quant à eux, répondu de manière positive, alors que 89% des fonctionnaires partagent l’avis contraire.

«Nous sommes confrontés à un réel problème de mentalités et de perception qui s’avère particulièrement dangereux puisqu’il constitue un frein à l’esprit d’entreprise et peut avoir des répercussions dramatiques sur l’économie de notre pays », souligne Scott Garlick, CEO d’Auctelia. «Ainsi, 62% des personnes interrogées affirment qu’un entrepreneur en faillite est ‘parfois’ perçu comme un fraudeur, alors que 34% d’entre elles sont d’avis que c’est ‘souvent’ le cas.»

En outre, 49% de la population belge interrogée considèrent que l’entrepreneur en faillite n’a pas droit aux allocations de chômage. Ce chiffre va même jusqu’à atteindre 74% parmi les employés/ouvriers et 89% au sein des fonctionnaires. Cependant, lorsqu’on se penche plus spécifiquement sur les réponses des indépendants, 73% affirment qu’un entrepreneur doit pouvoir en bénéficier.

«Il est grand temps que les pouvoirs publics et les associations professionnelles joignent leurs efforts afin de faire évoluer les mentalités car l’entrepreneur est créateur de richesse et de développement», poursuit Scott Garlick. «En d’autres mots, c’est ici l’avenir de la Belgique qui est en jeu ! Un exemple à suivre est notamment celui des Etats-Unis où la population, les banques et autres institutions font paradoxalement plus confiance aux personnes ayant connu une faillite car elles partent du principe que ces dernières ont appris de leurs expériences passées.»

Les responsables et les raisons de la faillite

Les personnes interrogées dans le cadre de cette étude considèrent qu’une mauvaise gestion de l’entreprise ainsi qu’une offre non adaptée à la réalité du marché (respectivement 74% et 67%) constituent les causes principales d’une faillite. La crise ambiante (54%) et le manque de capital (44%) occupent également une place prépondérante parmi les réponses données. Pour 84% des répondants, la responsabilité d’une faillite ne repose pas uniquement sur les épaules du patron. Ils ont plutôt tendance à attribuer cette dernière aux responsables économiques et financiers (78%) ainsi qu’au Conseil d’Administration (53%).

Il est également intéressant de noter que moins de 20% des répondants pensent qu’une faillite est due à des coûts salariaux trop élevés et que moins de 20% d’entre eux l’attribuent à un manque de financement. En outre, moins de 15% des sondés mentionnent le manque de formations et de profils qualifiés parmi les diverses causes avancées.

 (1)     Cette enquête a été menée en mai dernier auprès du grand public belge (41% d’hommes et 59% de femmes). Plus de 500 personnes provenant de toutes tranches d’âge et d’origines professionnelles variées (étudiants, employés/ouvriers, fonctionnaires, indépendants, pensionnés et inactifs) ont été interrogées en Wallonie, à Bruxelles ainsi qu’en Flandre.

(2)     Statistics Belgium, « Nombre de faillites pour la Belgique et les régions, 2002-2013 », http://statbel.fgov.be/fr/statistiques/chiffres/economie/entreprises/faillites/ans/

(3)     https://secure.creditreform.ch/uploads/media/Unternehmensinsolvenzen_in_Europa__Jahr_201314__Presseinformation_.pdf

Beaucoup plus de statistiques et un rapport de l’enquête sont disponibles sur demande.


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Publication par communiqué de presse.



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