Liège-Verviers

LBX : l’unique fabriquant belge de roues de chemins de fer

3 Minute(s) de lecture

A Seraing, dans les ateliers de la société LBX, on fabrique des roues et des essieux montés pour le matériel ferroviaire. Et ce, depuis 1835, s’il vous plait ! Etroitement imbriquée au monde de la sidérurgie, l’activité a, plus d’une fois, failli disparaître. Mais grâce à la ténacité de certains, cette rare expertise technique a pu être préservée. Portrait d’une pépite qui fait de la résistance.

Situés à Seraing, à quelques encablures du Château Cockerill, les ateliers de LBX s’étendent sur près de 10.000m².  L’an dernier, pas moins de 15.000 roues et essieux montés  en sont sortis.
Administrateur délégué de la firme, Patrick Marchettini, connait son riche passé sur le bout des doigts. Dans son bureau, des photos d’archive en noir et blanc témoignent de l’ancienneté de l’activité. « Et pourtant, à l’heure où ces clichés ont été pris, la société existait déjà depuis quelques décennies », précise-t-il. Il faut en effet remonter à l’année 1835 pour retrouver l’acte de création de celle-ci. Baptisée RTM – pour « roues et trains montés » –  elle est alors une division de Cockerill. Dès ses débuts, elle s’illustre en équipant les  trains du premier chemin de fer du pays. Une voie ferrée commandée par Léopold Ier reliant Bruxelles à Malines.

LBXLe souffle de la faillite
Depuis lors, la vie n’a pas été un long fleuve tranquille pour l’usine sérésienne. Les 20 dernières années, notamment, ont été marquées par des rachats successifs qui l’ont, au final, vu passer sous le giron du groupe Valdunes. «Au total, nous avons connu trois LBO», note Patrick Marchettini. «Ces montages financiers ont failli s’avérer fatal pour l’entreprise.  Peu d’engagements et de décisions sur une stratégie à long terme étaient mis en œuvre. Seule comptait une revente rapide de la société avec la plus importante plus-value possible.»
En 2013, le couperet est d’ailleurs sur le point de tomber lorsque Valdunes France entre en procédure de sauvegarde judiciaire entrainant dans sa chute sa filiale belge. Mais Patrick Marchettini ne veut pas baisser les bras. «Je ne voulais pas laisser nos collaborateurs sur le carreau ni voir disparaitre notre savoir-faire. Je me suis donc mis en quête d’un repreneur. Je l’ai finalement trouvé en Italie où nous avons conclu un accord avec le groupe Lucchini RS. Une entreprise familiale spécialisée dans la production de composants ferroviaires. Ensemble, nous avons créé la société LBX SA  au mois de juin 2014.»

Tel un phœnix
Depuis le rachat italien, le ciel s’est éclairci du côté des ateliers de l’Avenue Greiner. «Nous avons le sentiment d’avoir désormais un partenaire qui se projette dans la durée. Preuve en est, 3 millions € ont été investis sur le site, notamment, pour améliorer nos bâtiments et notre parc machines.»
Du côté des ventes, l’embellie se fait également ressentir : «Lors de son arrivée, Lucchini RS s’est engagé à nous fournir, pour une durée déterminée, un certain volume de commandes. Aujourd’hui, cet apport confortable représente encore 50% de notre chiffre d’affaires (ndlr : 5,6 millions € en 2015), les 50% restants étant composés de ventes réalisées en direct.» Au rang des clients de la firme, on retrouve, bien évidemment, la SNCB mais aussi – dans et en dehors de nos frontières – des réseaux nationaux, des constructeurs, des détenteurs de wagons de fret, des sociétés de location de wagons ou des transporteurs urbains (trams, métros,…).  «Dans la pratique, Lucchini RS nous expédie des roues brutes traitées et essieux finis, fabriqués dans son usine de Lovere, dans la province de Bergame. Nous usinons ces pièces à façon, sur base des exigences formulées par le client. Fort de notre savoir-faire et de notre expertise du contact roue-rail, nous avons la volonté de nous diversifier par le développement de deux nouvelles activités qui concernent la réhabilitation, la maintenance d’essieux-montés et la fabrication de galets de roulements utilisés dans la construction de ponts roulants, de portiques, de vannes et portes d’écluses, …»
Autre indicateur soulignant le renouveau du producteur ferroviaire : son effectif. « Lors du rachat, en 2014, nous sommes passés de 48 à 26 collaborateurs. Aujourd’hui, nous en comptons 35 et quatre nouveaux engagements sont d’ores et déjà prévus.» Une évolution encourageante donc pour cette entreprise qui a su cultiver un savoir-faire liégeois et peut aujourd’hui s’appuyer sur la robustesse d’un groupe international.

LBX : Avenue Greiner n°1 à 4100 Seraing – Tel : 04/338.83.00 – www.lbx.be

358 posts

À propos de l’auteur
Rédactrice en chef (Liège-Namur)
Articles
Vous pourriez aussi aimer
Liège-Verviers

Artialis : nouvel essai clinique de pointe dans le cadre d'un traitement efficace de l'arthrose

1 Minute(s) de lecture
Nestlé Health Science et la société Artialis (Liège)ont développé conjointement un essai clinique post-commercialisation destiné aux patients souffrant d’arthrose du genou. L’essai Wobe-SMART,…
Liège-Verviers

Rachats d'entreprise par des fonds de capital-risque privé : un impact négatif sur la satisfaction des employés

3 Minute(s) de lecture
La Saïd Business School de l’Université d’Oxford et HEC Liège – École de gestion de l’Université de Liège viennent de publier une recherche…
Liège-Verviers

John Cockerill : un camion de déchets… propre

2 Minute(s) de lecture
Les échéances se succèdent, le compte à rebours a commencé. Fermeture (probable ?) des centrales nucléaires en 2025, réduction drastique de la…