Hainaut

Publié le 19-06-2019 | Tatiana Hamaide

Damien de Dorlodot du groupe DECUBE : “mon fil conducteur, c’est l’énergie haute tension”

Chaîne d’interviews de membres entreprenants

La CCI Hainaut tend le micro à Damien de Dorlodot, Administrateur Délégué du groupe DECUBE.

Propos recueillis par Tatiana Hamaide.

Comment êtes-vous arrivé à la tête du groupe Decube ?
Après des études en sociologie et en économie appliquée à l’UCL, j’ai commencé à travailler en 1987 dans l’entreprise de mon père, Léopold de Dorlodot. Il était l’ancien directeur du Lavoir central à charbon de Péronnes-lez-Binche et après la fermeture des charbonnages en 1969, il a repris une entreprise de pose de câbles et est devenu indépendant. De là, probablement mon esprit d’entrepreneur…
Mon père et moi avons développé les activités et les avons revendues (en 1992) à un grand groupe industriel pour qui j’ai eu le plaisir de travailler pendant 12 ans. En 2004, j’ai quitté ce groupe parce que je voulais redevenir l’indépendant que j’avais été. Ce groupe industriel vendait justement une de leur société : Monnaie SA. Ce qui m’intéressait chez Monnaie, c’était sa clientèle de type “transport d’énergie haute tension” que je connaissais bien.
Pour mettre au point ce rachat et me donner d’autres possibilités d’investissement, j’ai créé le holding Decube.
Grâce à ce levier financier, j’ai eu l’occasion de créer, acheter et même revendre diverses sociétés. Aujourd’hui, mon core business est principalement lié à la peinture industrielle, mais j’ai toujours gardé un positionnement permanent lié à l’électricité haute tension. J’aime en effet et dire que “mon fil conducteur, c’est l’énergie haute tension”. Ainsi, j’ai créé la société Monnaie France, toujours dans la peinture, mais essentiellement pour pylônes. J’ai également créé la
société Maclot-GC qui réalise des fondations pour les pylônes haute tension. Avec un collègue, j’ai développé notre bureau d’études (DecubeConsult) qui réalise des études de conception de lignes hautes tensions. Je suis aussi entré en participation dans Plasturgie Lazzerini et le Groupe Pirnay, où on retrouve de nombreux liens avec nos activités (étanchéité, études de stabilité du sol, etc.).

      
Cependant, la vraie force du groupe Decube reste la peinture industrielle. Après Monnaie (Belgique et France), j’ai racheté la société de peinture industrielle Belgium Coatings. Elle se situe à Liège et vient d’ailleurs de recevoir le titre d’Ambassadeur pour l’année 2019 dans le cadre de l’initiative « Made Different, Digital Wallonia, Factories of the future ». Ce titre récompense plus de 40 années d’initiatives innovantes et de recherche technologique dans le domaine d’activité de poudrage et de peinture haute finition en atelier.

Quels ont été vos réalisations les plus délicates, à plus haut risque ?
Il s’agit, à l’évidence, d’ouvrages en grandes hauteurs. Nous avons ainsi eu l’occasion de peindre les plus hauts pylônes à haute tension et à faisceaux hertziens de Belgique. Et nous travaillons également en Suisse et en France. Il se dit d’ailleurs que « la peinture de pylônes, c’est un métier que même le diable ne voudrait pas faire !». C’est dire si la sécurité, les formations et certifications occupent une place importante chez nous !
Mais notre plus belle réalisation, c’est la réhabilitation de l’Atomium, considéré comme le chantier du siècle pour une entreprise de peinture et qui a occupé 40 de nos hommes pendant 2 ans. Cet ouvrage construit en 1958, avait une durée de vie théorique de 6 mois. Comme il avait été bien conçu, il a tenu au travers des années, mais il fallait tout de même le protéger. Ce que nous avons fait avec un traitement anticorrosion très complet.

Quelle est votre plus grande fierté professionnelle?
Je pense être un véritable Je pense être un véritable entrepreneur et à ce titre, j’essaie de transmettre cet esprit entrepreneurial aux nouvelles générations, en particulier celles provenant du Hainaut, dont je suis originaire. Je suis persuadé que nous pouvons retrouver l’esprit d’entreprendre qui a fait la caractéristique de notre région pendant des années. En effet, je commence véritablement à l’observer chez les jeunes entrepreneurs.

Quels sont vos projets pour le futur ?
Malgré nos métiers plus traditionnels, nous sommes nous aussi très motivés par ce challenge d’aujourd’hui qui est de digitaliser, numériser ou robotiser son entreprise. Très attentifs à cette tendance, nous sommes occupés à mettre en place des projets avec d’autres partenaires en lien avec l’Intelligence Artificielle, notamment pour l’anti-corrosion.

Le Groupe DECUBE en quelques mots…

  • Secteur d’activité : métiers techniques et industriels tels qu’ingénierie sur lignes haute tension, montage de pylônes et peinture
    industrielle.
  • Spécificités : Peinture industrielle – Peinture de décoration – Réfection béton et étanchéité industrielle – Montage – Génie Civil – Bureaux d’études et Plasturgie.
  • Date de la création et expansion :
    le groupe Decube a été créé en 2004, mais sa filiale Monnaie SA a été fondée en 1884. Aujourd’hui, le groupe est composé de 6 sociétés wallonnes et d’une filiale française.
  • Nombre d’employés : 390 personnes constituent le groupe, dont 180 pour Monnaie SA.
  • Références clients : gestionnaires de réseaux haute tension et gaz, constructeurs métalliques, SPW, SNCB, Infrabel, RTBF, grands magasins, hôtels, hôpitaux, etc.

Plus d’infos : www.decube.be

 

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