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Publié le 26-02-2020 | CP.

Localisy fête ses 5 ans : retour sur la difficulté du parcours entrepreneurial en Belgique

Guillaume Petta a 24 ans. Issu d’une famille d’entrepreneurs et d’indépendants, il a créé  Localisy en 2015. Une entreprise qui compte aujourd’hui 10 collaborateurs. Mais depuis sa création, la vie n’a pas été un long fleuve tranquille pour Guillaume Petta.

Certes, le fait de provenir d’un milieu d’entrepreneurs a été un précieux atout pour lui et sa sœur, Pauline, qui l’épaule dans l’activité. Un précieux atout qui ne l’a cependant pas dispensé de faire face à des coups durs ou à des portes qui se ferment. Bien entendu, comme tous les entrepreneurs, il a fallu faire face à la solitude,  au doute, à l’apprentissage, aux difficultés administratives, à la complexité de la gestion… Bref à toute une série de contraintes qui se dressent devant un entrepreneur wallon. Mais les problèmes ne se dressent pas que dans les premiers mois…

La frilosité des investisseurs

Ainsi, après avoir lancé son projet et l’avoir développé pendant deux ans, le moment était venu de le développer et de le faire grandir. C’est là que le premier obstacle majeur s’est dressé devant lui : le financement du développement de la société. Guillaume Petta a contacté six banques et trois fonds d’investissements… Neuf rencontres qui se sont soldées par autant d’échecs. Personne n’a voulu miser sur un jeune homme de 19 ans et son projet. ‘’Tu n’as pas d’expérience, retourne à l’école pour apprendre les bases et revient dans 5 ou 6 ans, c’est le discours que tous les financiers que j’ai rencontrés m’ont tenu’’ explique le jeune entrepreneur. ‘’

 Comment Localisy a-t-elle fait face ? ‘’Ces refus des financiers ont finalement été notre grande chance’’ détaille le CEO . ‘’Nous avons été confrontés à la réalité et si nous voulions nous développer, il fallait prendre des risques. Nous avons donc misé nos maigres fonds propres sur l’engagement de commerciaux et de gestionnaires de dossiers dont la mission était de trouver de nouveaux clients pour faire rentrer de l’argent’’. Et cela a fonctionné. L’idée a été aussi très rapidement de développer une gamme de services proposés aux commerçantsqui souscrivaient à la plateforme et rapidement Localisy est devenue une vraie agence de webmarketing. En définitive, les refus des financiers ont obligé à la start-up à se focaliser sur des activités plus rentables.

Le coût des salaires comme frein au développement
Cotisations patronales ONSS, cotisations spéciales, pécules de vacances, assurance-loi, abonnementsocial, secrétariat social… les frais qui viennent se greffer au salaire d’un collaborateur sont importants. “Bien sûr, le tax-shift a permis la ‘’gratuité’’ du premier engagement. C’est bien… Mais après ? Pour se développer, une seule embauche n’est pas suffisante. Licencier coûte aussi très cher en Belgique. En fait, engager quelqu’un est toujours un coût de poker sur lequel l’entrepreneur n’a pas vraiment le droit de faire erreur sans quoi cette embauche risque de lui coûter très cher, tant charges patronales qu’en coût de licenciement, le cas échéant.”

Un autre gros problème rencontré par Guillaume Petta dans le développement de son entreprise est la gestion humaine. Difficile en effet pour un jeune patron de 19 ans de se faire entendre de collaborateurs qui pourraient être ses parents ou ses grands frères/soeurs.

La stigmatisation du jeune indépendant
En Belgique, un jeune entrepreneur est souvent montré du doigt car il n’a pas l’expérience utile pour gérer une boite. C’est vrai que l’expérience est un atout mais, par définition, elle n’existe pas chez lesjeunes entrepreneurs qui se lancent. Faut-il leur rappeler sans cesse qu’ils n’ont pas d’expérience ? C’est manière de les stigmatiser et peut-être de leur faire peur et de les démotiver. Une autre image d’Epinal à laquelle Guillaume Petta a dû faire face c’est celle qui veut que les indépendants soient aisés financièrement. C’est faux ! Bien entendu, certains indépendants (pas tous, loin s’en faut) gagnent très bien leur vie après de nombreuses années d’activité. Mais au début, pour tous les indépendants, c’est une période de vaches maigres. ‘’Personnellement, les deux premières années, je ne me suis pas versé de salaire sans quoi l‘entreprise n’aurait pas survécu ! Il faut aussi que le grand public le sache…‘’confirme le jeune entrepreneur liégeois. Être un jeune entrepreneur est un véritable sacerdoce fait de beaucoup de privations.

Le contexte économique
Ce n’est pas un scoop, depuis la crise de 2008, le contexte économique n’est pas des plus favorables. Pour les commerçants et les entrepreneurs, ce n’est pas une période faste. Or, ce sont les cibles de Localisy, de sa plateforme digitale et de ses services de webmarketing. Il est difficile de prospecter le marché dans un tel contexte car c’est très souvent sur le marketing et la communication que les entreprises rognent leur budget en période de crise, quand les rentrées sont moins importantes… Alors que c’est certainement à ce moment qu’il faudrait davantage consacrer de budget à ces aspects de notoriété.

Fort de l’expérience engrangée au cours des 5 dernières années, Guillaume Petta suggère désormais 4 pistes pour rendre l’aventure entrepreneuriale moins compliquée :  alléger les démarches administratives pour la création d’une entreprise ; baisser voire supprimer les charges patronales pour les micro-entreprises ; revoir les conditions de préavis pour les TPE ; simplifier l’accès au financement des TPE.


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Publication par communiqué de presse.



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