Wallonie

Publié le 08-06-2020 | France Deuse

En 5 semaines, la Wallonie est devenue autonome et va encore accélérer le dépistage du COVID-19

Grâce à la collaboration d’acteurs publics-privés wallons, l’Université de Liège, qui réalise aujourd’hui jusqu’à 5000 tests par jour, va pouvoir augmenter de manière importante le nombre d’analyses quotidiennes sans craindre des ruptures d’approvisionnement chez ses fournisseurs. La collaboration entre l’ULiège, le Pôle MecaTech, la Sowalfin, Sirris, HTP Europe et MTU a été saluée vendredi par le Ministre Willy Borsus.

Depuis mars dernier, l’ULiège travaille sans relâche pour accroitre la capacité de dépistage du COVID-19 en Wallonie. « Dès le début de l’épidémie, l’approvisionnement en réactifs commerciaux a été problématique et nous avons travaillé à la synthétisation de nos propres réactifs pour permettre plusieurs dizaines de milliers de tests par jour. Rapidement, ce sont les boîtes à 96 puits nécessaires au testing des échantillons qui ont été plus difficiles à obtenir et nous avons immédiatement pris contact avec le Pôle MecaTech (pôle de compétitivité en génie mécanique qui accompagne les entreprises dans des projets innovants) pour envisager une production en Wallonie» raconte Fabrice Bureau, Vice-recteur à la recherche à l’ULiège.

Quand les scientifiques et industriels unissent leurs forces

Le Pôle MecaTech qui est impliqué dans 12 autres projets liés à la crise du COVID, a rapidement identifié les besoins de l’université et a assuré la coordination entre les acteurs scientifiques et industriels. « En collaboration avec la Sowalfin, on a très vite contacté Sirris (centre collectif de l’industrie technologique) pour leur demander de prendre en charge le suivi du développement technique avec les industriels » explique Anthony Van Putte, Directeur Général du Pôle MecaTech.

C’est sans hésiter que Jean-Claude Noben, Directeur Régional Wallonie de Sirris, répond présent. « En quelques jours, nous avons mobilisé nos experts pour réaliser une modélisation virtuelle 3D et pour réaliser des prototypes. En parallèle, nous avons vérifié que les boîtes à 96 puits ne faisaient pas l’objet d’un modèle déposé et nous avons contacté les entreprises susceptibles de les produire à grande échelle. En quelques coups de fils, nous avions l’avis favorable d’HTP Europe, un injecteur installé à Dottignies et d’MTU, un outilleur mouliste établi à Evregnies » raconte Jean-Claude Noben.

Des perspectives à l’international

« Chez HTP Europe, ce projet occupe actuellement 4 personnes à temps plein. La demande initiale de l’ULiège était de 40 000 kits. Nous produisons actuellement une pièce toutes les 30 secondes mais nous avons une capacité de production de 8 000 pièces par jour et nous sommes actuellement en contact avec la société américaine Thermo Fisher pour la fourniture de grandes quantités de boites pour fournir les marchés européens et mondiaux » se réjouit Geoffrey Ducrocq, Sales & Management chez HTP Europe.

« Cette collaboration wallonne entre le public et le privé permet aujourd’hui à la Wallonie d’être autonome au niveau du testing du COVID-19, ce qui est unique au monde ! » se félicite le Vice-recteur à la recherche de l’ULiège.  Cette aventure humaine a uni des hommes et des femmes du milieu médical, de la recherche et de l’industrie qui n’ont pas hésité à consacrer des heures, des soirées et des week-ends pour que ce projet voie le jour en un temps record de 5 semaines au lieu de 15 à 18 semaines habituellement. Ce challenge collectif permet aujourd’hui d’envisager un nouveau modèle d’innovation beaucoup plus rapide et de pouvoir envisager un éventuel deuxième pic de l’épidémie avec un peu plus de sérénité.

ULiège https://www.uliege.be

MecaTech https://www.polemecatech.be/fr/

Sowalfin http://www.sowalfin.be/

Sirris https://www.sirris.be/fr

HTP Europe https://www.htp-europe.com/

MTU http://www.mtusprl.be/


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