Namur

Cultiver en ville rentablement et durablement grâce au photovoltaïque ? Une étude innovante débute à Gembloux

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De part et d’autre du globe, on voit depuis une quinzaine d’années s’étendre des panneaux photovoltaïques sur de vastes exploitations agricoles. Pour la première fois, une équipe de chercheurs va s’intéresser à ce photovoltaïsme agricole (ou agrivoltaïsme) sur des cultures à taille humaine, comme il s’en développe de plus en plus au cœur et autour de nos villes. 

En Belgique, la production d’énergie renouvelable a augmenté de 31% en 2020, avec une part belle et croissante pour le photovoltaïque. (1) Comme arguments en faveur du développement de cette technologie, on recense le plus souvent : une valorisation des surfaces inexploitées, un geste pour la planète, des économies directes sur la facture d’électricité, un bénéfice sur la vente de l’électricité produite, une diversification des revenus, etc.

Cela vaut-il pour du photovoltaïque sur des cultures de plus petites superficies, telles qu’en zones urbaines et péri-urbaines ? Des questions méritent d’être posées à l’heure où les villes européennes voient leurs obligations en matière de climat être renforcées (2) et les exploitations agricoles citadines se multiplier.

©François Walschaerts

Des expériences inédites
A Gembloux Agro-BioTech, des recherches en agriculture urbaine sont déjà en cours depuis plus de 10 ans. Des infrastructures (serre en toiture, culture pleine terre dans un esprit micro-fermes et cultures hors sol) s’y déploient et vont à présent accueillir du photovoltaïque. (3) (4) Elles seront le lieu d’expériences inédites : « En un seul et même endroit, nous pourrons comparer comment un même légume pousse sur ces trois systèmes de production, ceci avec ou sans photovoltaïque. Nous pourrons alors dégager les meilleurs rendements agronomiques, énergétiques et économiques », explique le Pr Haïssam Jijakli, fondateur du C-RAU (Centre de Recherches en Agriculture Urbaine, à Gembloux Agro-Bio Tech ULiège) et coordinateur de ce projet d’agrivoltaïsme urbain.

  • Avec du photovoltaïque en plus, est-il possible d’accroître les performances des divers types de cultures en même temps que leur durabilité ? Par exemple, une serre en toiture, déjà bon élève en la matière, peut-elle être encore plus neutre en carbone ?
  • Est-il plus judicieux d’installer les panneaux voltaïques à même les lopins de terre ou au-dessus des cultures pour les protéger des conditions météo défavorables (intempéries, fort ensoleillement…) ?
  • En Belgique, 3 laitues sur 4 poussent les racines dans l’eau. Ces cultures hors sol sont certes économes en eau, mais plutôt gourmandes en énergie. Peut-on, grâce au photovoltaïque, en réduire l’empreinte carbone, tout en garantissant la rentabilité de l’investissement ? (5)

Ce sont autant de questions qui font sens face au changement climatique, et dans un monde où l’agriculture est actuellement responsable d’environ 26 % des émissions de gaz à effet de serre. (6)

Ce projet d’agrivoltaïsme urbain s’appelle « PV Follow Functions », ce qui signifie que les panneaux photovoltaïques s’adaptent aux fonctions requises par le type de culture ou le bâtiment.

Financées par Interreg Grande Région, ces recherches auront lieu à la faculté de Gembloux Agro-Bio Tech ULiège, et plus précisément sur un site unique en Europe : « WASABI » (pour plateforme WAllonne de Systèmes innovants en Agriculture et BIodiversité urbaine). (7)

Les panneaux photovoltaïques y seront installés d’ici ce printemps 2021. Le projet se poursuivra jusqu’à fin 2022, ceci pour mener les recherches sur plusieurs cycles et saisons.

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Publication par communiqué de presse.
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