Wallonie

Degré de vitalité des entreprises : des résultats similaires au Nord et au Sud du pays

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En octobre 2020, le bureau d’étude et de conseil liégeois LISTEN réalisait une première mesure destinée à évaluer la vitalité de nos entreprises en sondant 266 employés. Quelques semaines plus tard, en collaboration avec la CCI LVN, LISTEN avait sondé un échantillon de chef d’entreprise pour comprendre, identifier et mesurer le degré de vitalité de leur organisation. Après avoir mené le même exercice coté néerlandophone auprès des membres VOKA (Limbourg & Brabant flamand), le bureau d’études est aujourd’hui en mesure de publier de nouvelles données relatives à la vitalité de nos entreprises.

La vitalité est calculée en prenant en compte 3 dimensions principales 

1/ Par rapport au marché : quels processus et/ou quelle organisation l’entreprise a-t-elle mis en place pour identifier clairement les opportunités de croissance ? Des solutions sont-elles actuellement en développement pour y répondre ?

2/ Au niveau de sa stratégie : l’entreprise a-t-elle mis en place une stratégie de croissance et d’innovation claire pour faire la différence à moyen ou long terme ? Dans quelle mesure celle-ci est-elle portée par le management ? 

3/ Au niveau de l’organisation et des processus internes : l’entreprise a-t-elle investi pour permettre de déployer des nouvelles solutions différentiantes ? Disposent-elles des technologies de pointe indispensable pour y arriver ? D’autre part, une culture de l’innovation est-elle existante ? Les employés font-ils preuve d’audace, sortent des sentiers battus ? Et enfin, l’organisation et les processus sont-ils suffisamment agiles que pour permettre d’intégrer aisément des nouvelles solutions dans le programme de production et en termes de commercialisation ?

La vitalité des entreprises sondées est globalement bonne 
Il ressort de l’étude de Listen que la vitalité de nos entreprises est globalement bonne. L’index global s’élève à 79% pour les chefs d’entreprises, ce qui reflète une volonté évidente d’aller de l’avant. Coté employé en revanche, les scores sont plus mitigés et l’index s’élève à 47%. Sur toutes les dimensions, on observe un gap entre la perception de vitalité des chefs d’entreprises et celles des employés, qui se situe nettement plus bas. 

Quels autres enseignements retenir de cette enquête ?
Il apparait d’une part que globalement, la majorité des entreprises ont mis en place une stratégie pour essayer de faire la différence et que les équipes sont mobilisées pour innover. 

Trois axes principaux d’amélioration sont identifiés par les répondants : suivi du marché pour générer de la croissance et manque d’agilité des processus pour intégrer facilement le développement et la mise sur le marché de nouvelles solutions

  • Axe 1. Seule une entreprise sur deux investit et met des ressources à disposition pour stimuler l’innovation. Ce constat est global et quel que soit le profil de l’entreprise (taille, secteur, âge du dirigeant..).
  • Axe 2. Ces entreprises manquent d’une vision claire quant aux opportunités de croissance. Ainsi, 37% seulement des répondants indiquent développer actuellement une ou des solutions pour garantir la croissance à MT ou LT de l’entreprise. Ce score est néanmoins supérieur dans les entreprises de plus de 100 personnes (50%). Les entreprises sondées manquent ainsi de recul pour identifier les marchés, les niches et les attentes des clients dans ceux-ci.
  • Axe 3. Il apparait également que pour 60% des entrepreneurs, les processus en internes ne sont pas assez agiles ou flexibles pour permettre l’intégration rapide de nouvelles solutions dans le plan opérationnel de l’entreprise.

Les chefs d’entreprises wallons voient plus la diversité comme une source de progrès que les flamands. 

Retenons également que l’innovation fait partie de la culture d’entreprise chez 2/3 des répondants et que plus d’une entreprise sur deux investit dans l’innovation et/ou dans des programmes de formation pour les collaborateurs.

En analysant les résultats par secteur, ils sont globalement plus élevés dans le secteur industriel et significativement plus bas dans les secteurs tertiaire ou quaternaire. Des secteurs dans lesquels la culture d’innovation, la stratégie de croissance et les opportunités de croissance à MT ou LT sont nettement moins présentes ou analysées.

Les priorités d’amélioration des chefs d’entreprise sont similaires dans le nord et le sud du pays, à 3 exceptions près : le développement de solutions à haut potentiel est plus soutenu et présent en Flandre qu’en Wallonie. On constate aussi que la génération de nouvelles idées au sein des équipes est plus ancrée dans la culture des entreprises wallonnes et que les chefs d’entreprises wallons voient plus la diversité comme une source de progrès que les flamands. 

Quelles sont les priorités mis en place en matière de gestion des ressources humaines ?

La vitalité de l’organisation se reflète sous deux formes au niveau du capital humain :

  1. D’une part, la mise en place d’une culture de l’innovation forte, en faisant vivre les valeurs le plus concrètement possible. L’idée étant d’amener les collaborateurs à sortir des sentiers battus, à innover tant au niveau des processus internes que de la mise en place de nouveaux produits ou services
  2. D’autre part, la constitution d’équipes fortes (les bonnes personnes dans les bonnes fonctions et bons départements), favoriser un esprit d’équipe très fort et le tout, dans une bonne ambiance de travail, malgré les contraintes actuelles liées à la crise sanitaire.

Et pour soutenir ces 2 axes, les chefs d’entreprise sondés mettent tout en œuvre pour booster la confiance de leurs travailleurs et mettent le focus sur le développement de solutions pragmatiques. 

On constate également certaines différences régionales, en Flandre, les chefs d’entreprise accordent plus d’importance au leadership et à l’intrapreneurship et au fait d’offrir un accompagnement humain aux employés qui en ont besoin.​ En Wallonie, les chefs d’entreprise prônent plus la mise en œuvre de solutions simples, rapides et pragmatiques.

Qu’en est-il de la résilience ?

61% des chefs d’entreprise se disent très résilients et 31% résilients. Autrement dit, plus de 90% d’entre eux sont dès lors en mesure de faire face aux incertitudes, à la crise actuelle et sont prêts à aller de l’avant, à (re)faire la différence par rapport aux concurrents. En comparaison, 65% des employés se disent résilients : 36% très résilients et 29% résilients. Les chefs d’entreprises sont donc mieux armés face au stress que leurs employés. 

Pour plus d’information : P Geerts, Administrateur délégué – 0477/617 659 _ p.geerts@listen.eu

Image par Tumisu de Pixabay 

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Publication par communiqué de presse.
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