Liège-Verviers

Art Maker : l’ancien infographiste crée des luminaires en bois

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Artiste dans l’âme et après avoir occupé différents emplois, Yves Dejardin exerce aujourd’hui un nouveau métier : la fabrication artisanale de luminaires design en bois. Passant du statut d’employé à celui d’indépendant, il a bien mené sa reconversion professionnelle et s’épanouit en vivant de sa passion.

Né dans une famille d’artistes, Yves Dejardin baigne depuis toujours dans la créativité. « Mon père et ma mère étaient artistes peintres, commence-t-il. Mon père était professeur avant de devenir directeur de l’Académie des Beaux-Arts. J’y ai étudié la publicité. Le décès de ma mère alors que j’étais jeune a été le déclencheur de mon chemin de vie. »

Sous la casquette d’employé infographiste, Yves Dejardin construit sa carrière dans différentes sociétés. « Grimper les échelons ne m’intéressait pas. Seul le côté créatif me motivait couplé à l’envie d’aller toujours plus loin. » Pendant sept ans, il travaille chez NRB, le secteur informatique d’Ethias. Il devient père. « Un autre déclencheur. Certains auraient cherché d’autant plus la sécurité. Chez moi, être père a provoqué l’effet contraire. Le statut d’employé ne me donnait pas satisfaction. Il fallait que je devienne indépendant. Je devais franchir le pas. » A 40 ans et la remise en question qui va souvent avec, il prend le risque de se lancer, d’abord en activité complémentaire.  « J’étais déjà très créatif. Je fabriquais des meubles design pour ma famille et des amis. » Au chômage, il est réengagé comme chef d’atelier chez Beal, fabricant de mortiers colorés. « Je m’y amusais, mais je devais me développer davantage » En 2014, il s’inscrit chez SMart, coopérative pour artistes indépendants, et commence à réaliser des luminaires.

Pourquoi des luminaires ? « J’ai toujours été intéressé par la déco, le design. » Il y a six ans, il achète une imprimante 3D qui lui permet de créer certaines parties de luminaires. Une pale fendue naturellement en deux branches lui donne l’idée du design de ses luminaires. Il sort de l’impression 3D et dépose sa marque Art Maker. « ‘Maker’ vient du mouvement du même nom né aux Etats-Unis et ‘Art’ parce je suis issu d’une famille d’artistes. » Petit à petit, il se perfectionne. Ses réalisations sont appréciées. Désormais, il peut se consacrer totalement à la fabrication artisanale de luminaires en bois. « J’utilise des bois exotiques tels que l’afzélia, le teck, le wengé, acheté via la filière PEFC, et le noyer du Périgord, un bois noble. » Tout est réalisé à la main à l’aide de petites scies. Les éléments fins sont souples et malléables. Yves a déjà engagé deux hommes, heureux de contribuer à cet artisanat de qualité.

Le charme du fait-main
Les luminaires sont en vente dans différents magasins déco : Audace au Pluriel, A l’Est d’Eden, Wattitude à Liège, Namo Concept à Nandrin, Une Chaise sur un toit à Namur… Art Maker travaille de plus en plus pour des architectes d’intérieur. « En avril, nous allons installer 10 luminaires en noyer dans un hôtel d’Ajaccio à la demande de l’architecte d’intérieur. En France, des partenaires vendent nos produits, mais là aussi, souvent via des architectes d’intérieur. De cette façon, les luminaires sont vraiment adaptés au lieu. Ce qui correspond à ma conception de ce travail. » La fin d’année 2017 a été chaude et le carnet de commandes est bien rempli pour les prochains mois.
Les objectifs d’Yves sont simples : « Le premier est de garder les hommes avec qui je travaille. Voici un an, je travaillais seul dans le garage de mon père. Aujourd’hui, nous sommes trois dans cet atelier des hauts de Grivegnée. Le second objectif est de continuer ainsi, et pas de développer une entreprise trop grande avec une grosse fabrication avec chacun à son poste. Ici, c’est du fait-main sur-mesure. Chaque pièce est découpée à la main, chevillée comme autrefois, sans clous ni vis. Si je sous-traitais la réalisation de certaines pièces, cela ôterait le charme, l’âme du produit. » Si un luminaire compte 40 pièces, ce n’est pas un hasard. Ce nombre correspond à l’âge auquel Yves a fait sa crise, 40  ans. Une crise profitable qui l’a mené à toucher son Graal, une reconversion réussie.

Art Maker, Yves Dejardin, 0497 07 49 23, artmakerbelgium@gmail.com, www.artmaker.be, https://facebook.com/Artmaker.be

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