Hainaut

Publié le 06-04-2020 | Hugo Leblud

PORTRAIT – Jean-François Collet (Bruyerre SA) : au bonheur des boulangers-pâtissiers-glaciers

Début des années 2000, Jean-François Collet a redéployé l’ensemble des activités du groupe Bruyerre à Gosselies, sur un seul et unique site de quelque trois hectares où oeuvrent aujourd’hui plus de 200 collaborateurs…

Membre de la 3è génération à la tête d’une entreprise de Charleroi aujourd’hui plus que centenaire puisque fondée en 1909, Jean-François Collet, un des fils de Christine Bruyerre, est à plein temps dans cette société familiale depuis 1976. Titulaire d’un diplôme d’électromécanique complété en cours du soir par une formation en réfrigération, l’actuel CEO s’est progressivement familiarisé avec les divers services techniques, commerciaux et administratifs de l’entreprise avant de prendre la tête du petit groupe gosselien en 1994. Entre 1987 et 1998, année qui consacre le regroupement, sous un seul chapeau (Bruyerre SA), de l’ensemble des activités, la société est passée par différentes phases d’éclatement puis de regroupement en fonction d’événements familiaux douloureux ou encore la faillite d’une des branches d’activités historiques de Bruyerre, à savoir la vente et la livraison de matières premières pour les boulangers-pâtissiers.

A chaque fois, Jean-François Collet, avec beaucoup de pragmatisme, relance et remotive son personnel en prenant des décisions stratégiques qui, dans le même temps, restaurent la compétitivité par un repositionnement adéquat sur les marchés. Deux exemples en 2001, avec la relocalisation de l’ensemble des activités sur un seul et même site et, beaucoup plus récemment, la vente en janvier 2018 de la chocolaterie à Corné 1932, l’activité de production, avec une trentaine de personnes occupées, étant maintenue sur le site de Gosselies. Sans oublier la ferme intention de Bruyerre de s’attaquer, dès cette année et via ses diverses entités (matières premières et magasins « cash and carry »), au nord du pays.

COUP DE GENIE

« Mon coup de génie a été, en 2001, de reconcentrer l’ensemble de nos activités, jusque là dispersées sur deux sites bien distincts à Gosselies, sur une seule et même entité, toujours au sein de cette ancienne commune, de quelque trois hectares, dont près de 14.000 m2 de surfaces couvertes » se félicite Jean-François Collet.

Grâce à ce redéploiement des activités, Bruyerre a pu « optimaliser ses forces et se développer en accroissant sa rentabilité ». Une rentabilité qui, sur les deux anciens sites, peinait à croître vu la dispersion des forces.

Un autre coup de génie fut, en 2004, de repositionner le « cash and carry » de la région namuroise localisé historiquement à Jambes vers Wierde, cette fois en bordure de la N4.

« La simple relocalisation de notre succursale namuroise, avec beaucoup plus de visibilité, nous a permis de carrément doubler notre chiffre d’affaires en un an et depuis, celui-ci ne fait plus que croître » sourit le CEO de Bruyerre.

Un an plus tard en 2005, le groupe gosselien poursuit son expansion via ses « cash and carry » en installant une nouvelle succursale, cette fois dans le bassin de Liège, plus précisément à Jupille.

En 2010, nouvelle phase de croissance avec l’équipement d’un point de vente à Tournai sur le site des anciens Etablissements Delfosse.

Enfin, Bruyerre, décidément très « offensif », déploiera un nouveau « cash and carry » en Flandre, plus précisément à Nossegem après avoir repris une activité de grossiste à Vilvorde en 2019. Ce nouveau point de vente au nord du pays ouvrira ses portes en septembre prochain sur une surface de près de 1.700 m2 avec à la clé l’engagement de cinq nouveaux collaborateurs néerlandophones.

COUP DE FORCE

Au milieu des années nonante, la société Bruyerre Food, celle qui livre, historiquement, les matières premières aux boulangers, pâtissiers et glaciers, fait faillite pour cause de mauvaise gestion par l’un des membres de la famille qui avait hérité de ce département au sein du groupe familiale. « J’ai alors décidé de relancer cette activité en repartant de zéro » se souvient Jean-François Collet.

La première année de relance, les ventes n’ont pas excédé… 1,75 million EUR.

C’est alors qu’il découvre, en revisitant les clients un à un, que la dernière année de Bruyerre Food avait été « compliquée » pour les clients qui devaient parfois attendre plus de… trois semaines avant d’être livrés ! Avec, pour conséquence, la recherche d’autres fournisseurs. A force de travail et de persuasion de tous les commerciaux, le terrain a été progressivement reconquis et aujourd’hui, le département « matières premières » assure quelque 66% du chiffre d’affaires qui était de 86 millions EUR à fin 2019.

 

COUP DE GUEULE

Ce que déplore le plus le patron de Bruyerre, c’est la lenteur des administrations « en particulier lors des demandes de permis de bâtir », Jean-François Collet s’estimant, avec de tels retards, pénalisé dans l’évolution de ses activités commerciales. Par ailleurs, notre interlocuteur se dit aussi exaspéré par la « mauvaise fois » de certains de ses clients « qui font tout ce qui est possible pour ne pas payer leurs factures alors que les travaux ont été réalisés ».

TAC AU TAC

CCI mag’ : « La qualité que vous préférez chez un homme » ?

« La convivialité » !

CCI mag’ : La qualité que vous préférez chez une femme ?

« L’intelligence ».

CCI mag’ : Votre principal défaut ?

« Faire trop vite confiance ».

CCI mag’ : Votre rêve de bonheur ?

« 3% de malades dans le personnel (5% aujourd’hui) ».

CCI mag’ : Ce que vous voudriez être ?

« Cuisinier-boulanger-pâtissier ».

CCI mag’ : Le pays où vous désireriez vivre ?

« Le sud de la France ».

copyright photos : EH-Reporters

BRUYERRE SA – Rue François Léon Bruyerre, 34 à 6041 Gosselies – Tél : 071/25.01.33 – www.bruyerre.be


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