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Publié le 28-11-2017 | Céline Léonard

DOSSIER SERIAL ENTREPRENEURS – Dominique Mangiatordi : explorateur du digital

Diplômé d’HEC-Liège, Dominique Mangiatordi a débuté sa carrière chez Skynet , filiale internet de Belgacom. « À l’époque, Skynet cherchait à investir le créneau des enfants et adolescents. Pour ce faire, elle a créé la joint-venture Averbode. J’ai eu la chance de co-gérer cette structure de 40 collaborateurs qui fonctionnait véritablement comme une start-up au sein d’un grand groupe. »
En 2001, fort du réseau professionnel qu’il s’est constitué, Dominique Mangiatordi crée – aux côtés de Johann Schreurs – l’agence web Globule Bleu. En quelques années, la jeune société s’impose comme la première agence digitale de Wallonie et voit son effectif grimper à 50 collaborateurs. En 2007, les deux associés revendent leur entreprise à Proximedia dont Dominique Mangiatordi devient le Directeur Marketing. « Un job super dans une équipe super… mais éloigné de mon tempérament d’entrepreneur. »
En 2012, décidé à quitter ses fonctions, il reçoit une offre qui ne se refuse pas : « Le poste de directeur d’123devis.com, leader français de la mise en relation entre particuliers et artisans. En dirigeant cette importante filiale du géant HomeAdvisor, j’ai retrouvé certaines sensations d’entrepreneur. Et pourtant, en dépit de la qualité du job, j’éprouvais un goût de trop peu. J’ai ainsi eu la confirmation que je préférais être un ‘petit’ entrepreneur aux commandes de ma ‘petite’ structure, plutôt que de gravir les échelons au sein d’un grand groupe. Raison pour laquelle en 2015, j’ai replongé mes mains dans le cambouis pour lancer Royal App Force, une société spécialisée dans le développement d’applications B2B avec une touche de gamification. »
Baptisée Peak me Up, la première application rencontre un succès immédiat. Si bien qu’en 2016, la société Efficy – éditeur belge de logiciels CRM – fait l’acquisition de la jeune start-up. Conforté par cette réussite, Dominique Mangiatordi crée dans la foulée ØPP. « Le créneau reste celui des solutions de la gamification pour entreprises. Nous nous définissons comme un start-up studio dont l’ambition est de sortir 2-3 applications par an. Pour chacune, nous imaginons le concept et finançons les phases initiales avant de nous associer à un partenaire pour la commercialisation. »
Deux app’s sont déjà sorties des cartons d’ØPP : Happyformance (amélioration de la gestion des objectifs professionnels) et Hunterz (recrutement par cooptation).

Quand le goût d’entreprendre est-il apparu chez vous ?
« Il s’est manifesté très tôt. À 16 ans, alors que je n’avais pas l’âge requis pour entrer en boite, nous organisions avec quelques amis des “soirées messagerie” en night-club. Concrètement, chaque client entrant dans l’établissement recevait un numéro qu’il affichait sur son torse. À
l’intérieur, des hôtesses se chargeaient de faire le lien entre les numéros qui se plaisaient. C’était Meetic avant l’heure (rires). Ayant rencontré un joli succès, ce concept a décuplé mon envie d’entreprendre. J’ai pu l’assouvir dès mon entrée à HEC Liège. L’école avait en effet eu la bonne idée de confier la gestion de ses OIC (Organisme d’Intérêts Collectifs) à des étudiants. Certains s’occupaient de la cafeteria, d’autres du programme d’activités sportives. De mon côté, je pilotais la centrale des cours. Je gérais ainsi une quinzaine d’étudiants et un budget de 8 millions de francs belges. Cette expérience concrète de mini-entreprise fut extrêmement enrichissante. »

Êtes-vous issu d’une famille d’entrepreneurs ?
« Mon grand-père et mes parents étaient indépendants. À leur contact, l’entrepreneuriat m’est apparu comme une voie quasi naturelle. »

Indépendamment de cet entourage familial, avez-vous eu des mentors ?
« J’ai la chance de compter dans mon entourage professionnel et parmi mes actionnaires le fondateur de Proximedia et celui de 123devis.com. À mes yeux, ce sont des entrepreneurs de génie. Quand je leur soumets une idée, ils identifient en quelques secondes ce qui peut être amélioré. Ils ont un cerveau hors norme ! »

Réussir une première affaire a-t-il facilité vos démarches pour les suivantes ?
« Les succès passés rassurent naturellement les investisseurs mais aussi les clients. À titre d’exemple, Meusinvest nous a rapidement accordé sa confiance lors du lancement d’ØPP. L’âge apporte également une certaine crédibilité. Je pense que la tranche 35-45 est idéale pour entreprendre. Je peux, enfin, m’appuyer sur un réseau professionnel qui a grandi avec moi. Des personnes que je connais depuis une vingtaine d’années ont évolué dans leur entreprise respective et occupent aujourd’hui des postes clé. Cela facilite les démarches. »

Que n’avez-vous pas recommencé de la même manière ?
« À l’époque de Globule Bleu, nous n’avions pas de business récurrent. Cela n’existe pas dans le secteur des agences digitales. Cet état de fait était hyper-stressant car il ne me permettait pas d’estimer notre chiffre d’affaires d’une année à l’autre. Avec le temps, j’ai compris que le Graal de tout entrepreneur est de pouvoir s’appuyer sur un business récurrent. C’est aujourd’hui ce que j’essaie de mettre en œuvre dans mes nouvelles activités. »

Avez-vous encore l’intention de créer une société ?
« Si j’en ai l’énergie, pourquoi pas. Ceci étant dit, le business model d’ØPP me permet de créer quantité de mini-entreprises. Chaque application qui voit le jour est une entité à part entière, disposant de ses propres partenaires et actionnaires. »

Entreprendre, et de surcroit à répétition, c’est…
« C’est, tout d’abord, un moteur. À quoi sert la vie, que fait-on ici ? Je n’ai pas de réponse à ces questions, mais ‘entreprendre’ est probablement l’activité qui me donne le plus l’impression d’avoir ma place dans la société. C’est ensuite une question d’opportunité, puis une affaire de
maturité. C’est, enfi n, une attitude à encourager chez les autres. »
ØPP : Quai Marcellis, 17 bte 116 à 4020 Liège  – www.linkedin.com/company/10953230/


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