Namur

Profish Technology : des infrasons pour protéger les poissons

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« Jambois d’origine, j’ai grandi au bord de la Meuse, commence Damien Sonny, administrateur délégué de Profish Technology. Je pêche depuis mes dix ans. La génération Cousteau et ‘Grand Bleu’ rêvait de devenir océanographe.» Il étudie la biologie à l’Université de Liège dans l’optique de travailler dans le milieu aquatique, puis effectue une thèse de doctorat sur la migration des poissons dans la Meuse. «Je me suis intéressé aux poissons captés par les activités industrielles, notamment à la centrale nucléaire de Tihange.» Certaines espèces sont en voie d’extinction. L’entrée en vigueur de mesures cadres environnementales comme la directive cadre sur l’eau en Europe contraint les utilisateurs et les gestionnaires des masses d’eau à mettre en œuvre des moyens pour réduire cette mortalité. Les systèmes de répulsion de poissons par infrasons testés par le chercheur suscitent l’intérêt.

 Malcourant et Wow Technology: sous-traitants historiques

Technologie unique au monde, la barrière à infrasons est issue d’une recherche de plus de quinze ans à l’Université d’Oslo. Un transfert de technologie est négocié par l’Interface de l’ULg. «En 2007, tout seul dans mon grenier avec un téléphone et un fax, j’ai décidé de démarrer une spin-off, Profish Technology, sous forme de société anonyme, avec un capital familial, amical, et l’ULg.» Désormais, la barrière à infrasons est une technologie exclusive de la société. « Les infrasons produisent une forte réaction de fuite orientée des poissons. Toutes les espèces sont sensibles aux infrasons, l’intensité utilisée dans notre générateur et les fréquences émises ciblent essentiellement les poissons inférieurs à 20 cm. Les premières installations et les différents tests réalisés nous ont conduits à valider une efficacité de l’ordre de 80 % sur des prises d’eau de refroidissement localisées en rivière. Les infrasons se distinguent des autres barrières par le service scientifique qui l’accompagne.» Les générateurs sont fabriqués en sous-traitance chez Malcourant Mécanique à Gembloux, tandis que l’intelligence mécanique est sous-traitée chez Wow Technology à Naninne. «Ces deux sous-traitants historiques nous ont permis de proposer ce produit sur le marché.» En 2008, six  générateurs sont installés à Tihange en première mondiale, ainsi que d’autres en France et en Allemagne. Aujourd’hui, une trentaine de générateurs sont installés en Europe. «Pendant ces années, nous avons surtout vendu de la R&D. Les machines ont encore besoin de développement, de maintenance. Notre développement technique est dépendant des contrats et lié à des tests sur sites.»

Le marché de Profish est principalement constitué de centrales électriques. «C’est d’Allemagne que viennent le plus de demandes. Nous avons réalisé des tests en France, au Canada, en Turquie. Jusqu’en 2009, nous avons développé les infrasons. Nous avons demandé de l’aide à Namur Invest et nous avons orienté l’entreprise vers la consultance de manière à avoir un business model qui amène davantage de contrats réguliers. Et nous avons bien fait, le volet consultance occupe aujourd’hui 5 personnes à temps plein et 95% du volume de travail. Les infrasons sont devenus moins majeurs. En Wallonie, des renouvellements de permis des centrales de la Meuse sont en cours. Par ailleurs, l’installation de nouvelles centrales doivent désormais respecter un cahier des charges très strict de la Région Wallonne. Nous réalisons alors une étude diagnostique.» Profish a, parmi ses objectifs, d’élargir sa gamme de solutions. «Actuellement, nous sommes en train de mettre au point une barrière électrique en partenariat avec une société polonaise.»

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