Wallonie

Publié le 23-06-2020 | CP.

9 acteurs économiques et scientifiques wallons créent une filière autour de l’épeautre wallon

9 entreprises et centres de recherche wallons ont décidé de s’unir pour créer une filière complète autour de l’épeautre wallon.A la clé : une rémunération plus équitable pour des centaines d’agriculteurs, des produits innovants et locaux , 35 emplois directs créés, 300 emplois maintenus …et  une solution pour rendre notre système alimentaire régional plus résilient et durable.

Du levain prêt à l’emploi (en poudre) pour les boulangers, du whisky à l’épeautre, des pâtes à l’épeautre wallon ou encore des sirops naturels entrant dans la composition d’autres produits alimentaires, des grains perlés : voici ce que les consommateurs wallons pourront bientôt découvrir. Wallep (pour Wallonie Epeautre) a pour but de relocaliser un produit de terroir de manière innovante à l’échelle industrielle. 6 entreprises wallonnes, moyennes ou grandes, (Meurens Natural, les Moulins de Statte, Pastificio della mamma, Puratos, Walagri, la distillerie Radermacher) aidées de trois acteurs de la recherche (le Celabor, le CRA-W, Meurice Recherche & Développement) se sont réunies dans ce projet de recherche et développement, labellisé « pôle de compétitivité » Wagralim par le Gouvernement wallon.

Une première étape se termine : le choix des variétés d’épeautre les plus adaptées pour chaque produit alimentaire. Des tests ont été effectués sur 22 variétés, en culture bio et en raisonnée. Désormais, les entreprises vont tester et mettre au point les recettes afin de les mettre rapidement sur le marché.

Potentiel économique
L’épeautre, appelé aussi « blé des Gaulois », est adapté au climat et aux terres wallonnes. Il est plus résistant etnécessite moins d’intrants (pesticides, engrais…), ce qui préserve la qualité des sols. Notre région est même le deuxième producteur en Europe, avec 2100 agriculteurs le cultivant. Actuellement, l’épeautre cultivé en Wallonie est principalement voué à l’alimentation animale. La demande pour l’alimentation humaine est en croissance, vu les changements de comportements des consommateurs (retour au local et sain). Or, l’épeautre pour l’alimentationhumaine est majoritairement importé, d’Italie par exemple. Dès lors, pourquoi les cultivateurs wallonsn’augmentent pas leur production ? Parce que le marché est volatile, avec des prix en yoyo d’une saison à l’autreet même pendant la saison, pouvant varier d’un facteur 1 à 6, entre 90 à 600 €/T.

Revenu équitable pour l’agriculteur dans un circuit court
Pour pallier cela, les 9 acteurs organisent une réelle filière avec des débouchés innovants. « D’ici 2022, on proposera un contrat de filière à des agriculteurs avec, à la clé, un prix de vente fixe pour l’agriculteur. C’est inédit sur le marché des céréales actuellement. L’objectif est d’avoir un prix équitable et éventuellement fixe sur plusieurs années. Cela permet de dissocier la question du prix des marchés mondiaux ».

Du sens pour le citoyen consommateur, des emplois locaux maintenus et créés
Un des enjeux notamment réside dans le consumer willingness to pay. « Nous devrons expliquer au consommateur qu’en payant quelques centimes de plus pour un pain à l’épeautre wallon, par exemple, il aide des agriculteurs locaux à vivre. Sur un pain qui se vend entre 3,50 € et 4 €, cela n’est peut-être pas significatif pour le consommateur… mais peut faire la différence pour des centaines d’agriculteurs. Vu le nombre d’acteurs impliqués, c’est aussi 300 emplois d’entreprises locales, de transformation, de valorisation qui seront garantis. Et au final, 35 emplois seront créés. C’est du Fairtrade made in Wallonie », concluent les partenaires du projet WALLEP.page2image5003360

Chiffres clés

  • –  9 partenaires wallons et bruxellois
  • –  Labellisé « projet de pôle » par le Gouvernement wallon (budget de 3,7 millions €)
  • –  De 2018 à 2022
  • –  6 000 T d’épeautre utilisés/an à partir de 2022
  • –  38 emplois créés (dont 35 emplois directs)
  • –  Plus de 300 emplois maintenus
  • –  En Wallonie, plus de 2100 exploitations cultivent cette céréale


A propos de l'auteur

Publication par communiqué de presse.



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