Namur

Publié le 28-09-2020 | CP.

Gembloux : inauguration de WASABI

WASABI est l’acronyme de plateforme WAllonne de Systèmes innovants en Agriculture et BIodiversité urbaine. Mais c’est surtout un lieu – au total, 5 hectares du campus de Gembloux – qui a pour vocation de familiariser ses usagers avec de nouvelles formes d’agriculture urbaines et péri-urbaines et d’éduquer à la biodiversité végétale. Unique sur tout le territoire européen et à la pointe de l’éco-innovation, cet outil pédagogique et citoyen sera bientôt complété d’un sentier didactique et d’un jardin communautaire.

Les chiffres parlent autant que l’actualité : l’épuisement de la biodiversité ainsi que celui des ressources foncières et le changement climatique figurent au top 3 des 9 limites atteintes ou presque par notre Planète.

L’agriculture et la production alimentaire ne sont pas sans impact sur ce fragile équilibre. Elles sont en effet à l’origine de 25% des gaz à effet de serre, occupent 50% des sols, emploient 70% des ressources   en   eau  douce, sont   responsables   à  hauteur   de   78%  de   la   pollution  des   nappes phréatiques… Sans oublier que si l’on considère la biomasse des mammifères, une fois déduits les animaux d’élevage à destination de notre assiette, la biodiversité se réduit à peau de chagrin : il reste en tout et pour tout 6% d’autres espèces mammifères sur Terre. Tout ceci alors que, à l’horizon 2050, il nous faudra nourrir 9,6 milliards de bouches. La plupart d’entre elles (75%) seront citadines.

Il s’agit de défis de taille pour l’agriculture. Pour chacun d’entre nous également : notre assiette est-elle équilibrée au quotidien ? A l’avenir, celle-ci devrait comprendre au moins 2 fois plus de fruits et légumeset2foismoins de viande rouge et de sucres. A titre d’exemple, la consommation d’un Belge est en moyenne de 200 gr de  fruits et légumes par jour,alors qu’elle  devrait atteindre 500 gr.

C’est nécessaire, non seulement pour notre santé à tous, mais aussi pour celle de la Planète. Dans ce contexte, il importe de faire émerger de nouveaux modes de production et de consommer plus durablement, avec pour point de mire:-la préservation, voire la restauration de la biodiversité – l’économie circulaire(avec intégration des déchets et excédents dans le cycle de production)- la mise en place de productions locales(jusqu’aux abords des villes et au cœur même de celles-ci). C’est dans cette optique qu’est née WASABI, la  plateforme WAllonne  de  Systèmes innovants  en Agriculture et BIodiversité urbaine. A l’initiative d’Haïssam Jijakli, professeur d’agriculture urbaine, cet écosystème  à  valeur sociétale  ajoutée  allait bientôt mettre en présence d’autres professeurs  et scientifiques de  Gembloux   Agro-Bio  Tech ULiège  d’expertise  complémentaire: Grégory Mahy(biodiversité),  Aurore Degré  (hydrologie),  Patrick du Jardin  (botanique)et  Caroline De  Clerck (phytotechnie).Le  noyau dur  était  ainsi constitué,  autour  duquel allaient  graviter  des équipes  de chercheurs d’ici et de par le monde. Même si cette plate forme porte le même nom qu’une célèbre pâte verte à base de raifort, WASABI ne consiste pas pour autant à mettre une couche de vert de bon aloi :   la  plateforme   est   rapidement  passée   à   du  concret.

En   mode  co-création,   étudiants bioingénieurs  et  architectes du paysage ont pris part à l’aventure WASABI, et ce, sur 5  hectares du campus  de  Gembloux Agro-Bio  Tech  ULiège. Avec le  support de Green  SURF (spin-off de  la faculté active dans l’implémentation de l’agriculture urbaine) pour la  conception et  la  réalisation de  la plateforme, ces  acteurs du  changement œuvrent depuis  bientôt huit  ans  à la  mise  en place  de  cet outil unique en Europe, à destination des chercheurs mais aussi du plus grand nombre. D’ici 2021, un jardin communautaire et un sentier didactique viendront former une zone dite «sociale», où il sera possible de  familiariser  les usagers de  WASABI aux  bonnes pratiques  et  autres techniques  de culture durables.

A  son  échelle, WASABI  entend ainsi  apporter une  réponse éco-innovante  à  des enjeux  à  la croisée de l’économie, de l’écologie et du social. Sur le terrain, ce sont autant de systèmes et techniques de culture  à découvrir:  des  toitures végétales,  des  systèmes de  culture  hors sols,  des  parcelles maraichères, des buttes permacoles, des friches dirigées, un jardin botanique, un jardin de pluie… En d’autres mots, tout  ce  que la  science  peut mettre  au  service de  la  biodiversité en  dialogue avec l’agriculture pour nos espaces urbains et péri-urbains.

A ce jour, le projet WASABI a déjà bénéficié de plus de 2,5millions d’euros de subsides européens et wallons.

 

Copyright photo Michel Houet


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Publication par communiqué de presse.



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