Wallonie

6 travailleurs sur 10 ne sont pas favorables à la semaine de travail de 4 jours

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La plupart des Belges ne voient pas l’intérêt de la semaine de travail de quatre jours : six Belges sur dix déclarent en effet qu’ils ne veulent pas ou ne peuvent pas travailler selon ce régime. Parallèlement, la population active est intéressée par la possibilité de travailler moins de jours par semaine, mais plutôt par le biais de régimes tels que le travail à temps partiel ou du crédit-temps. Ce sont surtout les jeunes de la vingtaine (47,6 %) qui voient moins l’intérêt de la semaine classique de cinq jours.
Plus de trois Belges actifs sur quatre souhaitent investir le temps libéré par la réduction du temps de travail dans leur vie privée.

C’est ce qu’il ressort d’une enquête biennale du prestataire de services RH Acerta et de StepStone réalisée auprès de 2500 travailleurs. Pour Acerta, « un système de travail unique pour tous les travailleurs, c’est dépassé. »

Depuis le 20 novembre 2022 et dans le cadre du deal pour l’emploi, les travailleurs ont la possibilité d’exécuter un contrat de travail à temps plein en quatre jours, grâce à la semaine de travail de quatre jours. En février, les premiers chiffres d’Acerta ont montré que ce régime ne suscitait que très peu d’intérêt : seul 0,5 % des travailleurs travaillaient de cette manière.

Quel est le potentiel de cette nouvelle organisation du travail ? Près de six Belges actifs sur dix (57,4 %) ne sont toujours pas favorables à la semaine de travail de quatre jours.
Les raisons sont diverses : 12,4 % des travailleurs sont déjà à temps partiel, la semaine de travail de quatre jours n’est donc pas envisageable ; 13,8 % d’entre eux sont plus intéressés par un travail à temps partiel que par un travail à temps plein réalisé en quatre jours. Les 31,1 % restants souhaitent simplement continuer à travailler à temps plein selon un rythme classique.

« Il est intéressant de noter que, jusqu’à présent, nous recevons peu de questions sur la mise en œuvre de la semaine de travail de quatre jours » constate Olivier Marcq, expert juridique chez Acerta Consult. « Les chiffres qui ressortent de notre enquête confirment que de nombreux travailleurs ne sont pas vraiment favorables à une semaine de travail sur quatre jours. Les travailleurs doivent informer eux-mêmes leur employeur de leur souhait de passer à la semaine de travail de quatre jours, soit spontanément, soit une fois ce régime proposé par l’employeur dans le cadre du règlement du travail ou d’une CCT. Nous constatons que peu d’employeurs ont fait face à cette demande de la part de leurs collaborateurs. Parallèlement, la flexibilité sur le lieu de travail n’a jamais été aussi importante qu’aujourd’hui. La même organisation de travail ne convient plus à tout le monde, les entreprises doivent en être conscientes. »

Moins de travail pour les jeunes

Les jeunes, en particulier, souhaitent travailler moins de jours par semaine : 47,6 % des travailleurs âgés de 20 à 30 ans souhaiteraient cesser de travailler cinq jours complets. C’est chez les plus de 60 ans que cet intérêt est le plus faible (35,1 %). Les principales raisons pour lesquelles les Belges souhaiteraient travailler moins de jours par semaine sont les suivantes : investir davantage dans la vie personnelle (77,6 %), réduire la charge de travail globale (36,5 %) ou passer plus de temps avec les enfants (29,3 %).

« Pour les Belges, travailler moins (de jours) signifie principalement libérer du temps pour faire les choses que le travail à temps plein ne permet pas de faire » relève encore Olivier Marcq. « Nous constatons que les jeunes sont moins enclins à s’engager immédiatement dans un seul emploi ou auprès d’un seul employeur, qu’ils se permettent d’hésiter, d’essayer différentes choses. En moyenne, un quart de tous les travailleurs aimeraient exercer un autre emploi en plus de leur emploi fixe, que ce soit en flexi-job ou en activité complémentaire. La plupart des travailleurs plus âgés ont dépassé ce stade, mais il y a aussi des personnes de plus de 60 ans qui, vers la fin de leur carrière, souhaitent encore s’investir dans des intérêts auxquels elles n’accordaient pas de priorité jusqu’alors. L’employeur n’a peut-être pas connaissance de tous leurs centres d’intérêt. C’est la raison pour laquelle nous recommandons aux entreprises de proposer un accompagnement professionnel et une formation suffisante, afin de s’en apercevoir plus tôt et ainsi conserver ces travailleurs plus longtemps au sein de l’entreprise. »

(Photo Pixabay)

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Publication par communiqué de presse.
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