Wallonie

Pour le secteur de la construction, plus de 50 actions déjà planifiées en 2022 par le Forem

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Le Forem vient de réaliser une étude prospective sur les métiers de la construction et les grandes tendances attendues dans les 5 ans qui impacteront le secteur. On estime jusqu’à 30.000 les nouveaux professionnels qui vont devoir être formés et insérés dans le secteur. Tous les acteurs devront donc être mobilisés pour répondre à ce défi de taille. Dans ce but, le Forem vient de planifier 54 projets en faveur du secteur dont une grande campagne de communication visant à booster les entrées en formation dans les 21 centres de formation du Forem.

Avec près de 60.000 collaborateurs, le secteur de la construction figure parmi les poids lourds de l’emploi en Wallonie. Actuellement, ce sont déjà plus de 2.000 offres d’emploi rien que pour la Wallonie qui sont à pourvoir sur le site du Forem et les besoins en main-d’œuvre devraient encore croître, notamment avec les nombreux chantiers en cours et à venir dans le cadre des plans de reconstruction et de relance gouvernementaux. 

Une étude pour une vision sur les besoins en compétence du secteur

Le service de Veille, d’Analyse et de Prospective du Marché de l’emploi, le bureau d’étude du Forem, en collaboration avec une cinquantaine d’experts, a identifié et quantifié l’impact des évolutions qui vont traverser le secteur. Près de 50 facteurs ressortent du travail mené. Les experts ont pointé le recours croissant à des outils digitaux, la numérisation de nombreux métiers, ainsi que l’évolution de la réglementation environnementale, le développement de l’économie circulaire et la rénovation énergétique. Les conséquences de ces évolutions sont importantes par rapport aux besoins en main-d’œuvre qualifiée. Si les besoins en compétences divergent d’un métier à un autre, l’ampleur est également fort différente d’un métier à l’autre. Durant les 5 prochaines années, ce sont donc 30.000 professionnels qui seront recrutés par le secteur.

Cette étude a également permis au Forem de vérifier l’adéquation entre ses formations et les besoins du secteur de la construction.

La technologie au service de la construction

Ainsi, si les compétences techniques dites « de base » des métiers demeurent essentielles, de nouvelles compétences, principalement technologiques et numériques, s’ajouteront à ces dernières. Selon les professionnels du secteur consultés lors de la réalisation de l’étude, les cinq prochaines années verront une nette augmentation de l’utilisation des outils de communication courants, des logiciels professionnels, des solutions de modélisation ou de gestion intégrée, essentiellement le Building Information Modeling (BIM), de la connectivité des appareils, etc. 

De même, la robotisation et l’automatisation commencent déjà à gagner les ateliers de préfabrication et les entrepôts de matériaux par exemple, réclamant ainsi des compétences en machines à commandes numériques. Ces nouveaux outils qui commencent à apparaitre dans la construction nécessiteront de pouvoir gérer ses appareils, les programmer, les entretenir, etc.

L’environnement au cœur du secteur

En parallèle à ces évolutions, l’ensemble des métiers demanderont un accroissement de la connaissance en matière d’écologie et d’écoconstruction : développement de l’utilisation de structure bois, amélioration des performances de l’isolation et utilisation de nouveaux matériaux – biosourcés par exemple – ou même réutilisation de matériaux via la construction circulaire, diminution des déchets produits, maîtrise du bilan carbone ou encore de la performance énergétique accrue des bâtiments, pour ne lister que ces points. 

Pour citer quelques exemples de métiers concernés par ces nouvelles compétences, on retrouve les métiers actuellement en forte demande : les couvreurs et les métiers du gros œuvre sont concernés par l’isolation, les monteurs et techniciens d’entretien en sanitaires et chauffages par l’intensification de l’usage de pompes à chaleur et de matériels moins énergivores de manière générale, les manœuvres en « déconstruction », etc.

54 mesures déjà planifiées par le Forem pour 2022

Très tôt durant la crise sanitaire, le Forem a souhaité anticiper au maximum la reprise et les besoins de main-d’œuvre et de nouvelles compétences. C’est dans ce cadre qu’un Comité stratégique dédié au secteur de la construction a vu le jour en 2020, réunissant le Forem, Constructiv et la Confédération de la construction wallonne. 

Une première série d’actions a déjà été mise en place – notamment au Forem – pour renforcer la construction wallonne au niveau régional et localement, en fonction des besoins spécifiques. Ainsi, une série de 7 Super Jobdays Construction ont rapidement été organisés et seront réitérés en 2022 afin de rencontrer les besoins de main-d’œuvre à court terme. De plus, le Forem a ouvert plus de 1.000 places de formations sur les 6 derniers mois de l’année afin de former un maximum de personnes.

Le dispositif Coup de poing pénuries est plébiscité plus que jamais. Cinq formations de ce type vont être prochainement lancées avec de grandes entreprises du secteur pour répondre à leurs besoins de main-d’œuvre qualifiée. Par exemple, début 2022, des formations « Coup de poing » d’ouvriers voiristes, de poseurs d’impétrants ou encore d’opérateurs de production « fabrication de châssis » démarrent.  Pour rappel, les Coups de poing pénuries permettent aussi de répondre rapidement aux besoins spécifiques d’une ou plusieurs entreprises, avec la création de formations sur mesure et l’incitation à l’engagement de 100% des demandeurs d’emploi formés.

En plus de ces actions et des actions de formation plus classiques, le Forem va accentuer ses efforts pour informer et sensibiliser les demandeurs d’emploi et toute personne qui souhaite se reconvertir aux métiers du secteur. Le stage de mise en situation professionnelle et les essais métiers seront aussi renforcés dans ce cadre, constituant de belles occasions pour vérifier qu’un de ces métiers leur convient. 

Durant l’année 2022, plusieurs milliers de places de formation seront disponibles dans les 21 centres de formations du Forem, en plus des profils formés par les autres opérateurs et l’enseignement.

De son côté, le gouvernement a également pris plusieurs décisions en faveur du secteur.

Je me forme, je [me] construis !

Pour qu’un maximum de personnes prenne part à ses séances d’information et surtout aux 60 formations différentes, le Forem vient de lancer une grande campagne de communication, combinant médias traditionnels et réseaux sociaux. Cette campagne se prolongera jusqu’au 31 janvier 2022.

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Publication par communiqué de presse.
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